Une famille belge en vacances en Thaïlande a reçu une facture particulièrement salée après une connexion mobile de quelques secondes. En moins d’une minute, le téléphone de leur fille aurait consommé environ 100 mégaoctets de données, entraînant près de 1.000 euros de frais de roaming.
Originaire de la province d’Anvers, Nicolaas Van den Broek séjourne actuellement à Phuket avec son épouse et leurs deux filles âgées de 16 et 19 ans. Avant leur départ, il avait pourtant donné des consignes très claires à toute la famille: conserver le mode avion activé et se connecter uniquement aux réseaux wifi.

Une alerte de 1.000 euros à l’aéroport de Bangkok
La mauvaise surprise est survenue lors de leur arrivée à l’aéroport de Bangkok. Myrthe, sa fille de 19 ans, aurait désactivé le mode avion afin de tenter de se connecter au wifi de l’aéroport.
Quelques instants plus tard, Nicolaas a reçu un message de Telenet lui annonçant que la consommation mobile avait déjà atteint 1.000 euros.
Selon lui, les frais auraient été générés entre 1h00 et 1h01, soit en à peine une minute. Une somme qui correspondrait presque à huit mois de consommation habituelle.
Sa fille affirme pourtant que les données mobiles étaient désactivées. Il est toutefois possible qu’une mauvaise manipulation ait permis au téléphone de se connecter brièvement à un réseau mobile thaïlandais.
Nicolaas reproche surtout à son opérateur de ne pas avoir envoyé d’avertissement plus rapidement. Lors de précédents voyages en Turquie ou en Égypte, il explique avoir reçu une alerte dès que sa consommation atteignait environ 50 euros.
Une synchronisation automatique très coûteuse
Telenet estime qu’environ 100 mégaoctets ont été consommés en moins d’une minute. Cette utilisation pourrait avoir été provoquée par la synchronisation automatique de photos, la mise à jour d’applications ou la connexion à différents services cloud.
D’après l’opérateur, la vitesse de consommation était telle qu’il était pratiquement impossible d’intervenir avant que le plafond de 1.000 euros soit atteint. La connexion aurait ensuite été automatiquement bloquée.
Telenet a annoncé qu’un geste commercial serait accordé à la famille. Le montant de la compensation doit encore être déterminé.
Les plaintes liées au roaming augmentent
Le cas de cette famille est loin d’être isolé. Selon le Service de médiation pour les télécommunications, 239 plaintes concernant le roaming ont été enregistrées en Belgique en 2025, contre 199 en 2024. Cela représente une augmentation d’environ 20 %.
Le roaming désigne les frais facturés lorsqu’un téléphone utilise un réseau mobile étranger. Au sein de l’Espace économique européen, qui comprend les pays de l’Union européenne ainsi que l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein, les consommateurs bénéficient généralement de leur forfait habituel.
En dehors de cette zone, les tarifs peuvent cependant devenir extrêmement élevés.
En 2025, 113 plaintes concernaient des clients du groupe Orange, qui comprend notamment Orange, Hey! et VOO. Telenet était concerné par 86 dossiers.
Pourquoi les avertissements peuvent arriver trop tard
Luc Tuerlinckx, du Service de médiation pour les télécommunications, explique qu’une connexion mobile rapide peut consommer une quantité importante de données en seulement quelques secondes.
De plus, les données relatives à la consommation effectuée sur un réseau étranger ne sont pas toujours transmises immédiatement à l’opérateur belge. Ce délai peut retarder l’envoi des avertissements ou l’activation d’un blocage.
En principe, les opérateurs doivent bloquer la consommation de données en dehors de l’Union européenne lorsqu’elle atteint 50 euros hors TVA, soit 60,50 euros TVA comprise. Cette protection ne s’applique cependant pas lorsque le client y a renoncé explicitement.
Le médiateur s’interroge également sur le fait que certains consommateurs puissent accumuler des milliers d’euros de frais alors que leur abonnement mensuel ne coûte que quelques dizaines d’euros. Il plaide pour l’instauration d’une véritable limite de crédit, calculée par exemple en fonction du prix de l’abonnement.
Attention aux frontières, aux croisières et aux réseaux satellites
Les voyageurs doivent également rester prudents dans certaines régions pourtant proches de l’Union européenne.
Sur l’île grecque de Kos, par exemple, un téléphone peut parfois se connecter à une antenne située en Turquie. Le même risque existe à proximité de la Suisse, de Monaco, d’Andorre, de Saint-Marin ou du Vatican.
Les navires de croisière représentent un autre danger. Un smartphone peut se connecter automatiquement au réseau interne du bateau, qui utilise parfois des liaisons satellites particulièrement coûteuses.
Comment éviter une facture de roaming élevée
Le moyen le plus sûr consiste à désactiver les données mobiles avant même de monter dans l’avion et à maintenir le mode avion activé pendant tout le voyage. Le wifi peut ensuite être réactivé séparément.
Les voyageurs qui souhaitent utiliser internet hors d’Europe peuvent également acheter un pass proposé par leur opérateur, une carte SIM locale ou une carte eSIM internationale.
Il est aussi conseillé de désactiver l’itinérance des données, les sauvegardes automatiques, les mises à jour d’applications et la synchronisation des photos.
Depuis l’incident, la famille de Nicolaas utilise uniquement le wifi de son hôtel. À l’extérieur, tous les téléphones restent en mode avion.
Le père de famille espère désormais que son expérience permettra d’alerter d’autres voyageurs sur les risques du roaming en dehors de l’Europe.
