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mardi 15 septembre 2026 · 16:47 · Bruxelles Le Média Du Peuple

Belgique : un nombre record de 1 239 condamnés sans titre de séjour renvoyés

La Belgique a renvoyé 1 239 condamnés sans titre de séjour entre janvier et août 2026, un record porté notamment par les retours vers le Maroc et l’Algérie.

Belgique : un nombre record de 1 239 condamnés sans titre de séjour renvoyés – image d’illustration
Image d’illustration

La Belgique a renvoyé 1 239 personnes condamnées et dépourvues de titre de séjour vers leur pays d’origine entre janvier et août 2026. Ce total, communiqué par la ministre de l’Asile et de la Migration Anneleen Van Bossuyt (N-VA), constitue un record pour les huit premiers mois d’une année. Le Maroc, l’Albanie et l’Algérie sont les trois principales destinations de ces éloignements.

Une hausse de près de 50 % en deux ans

Sur la même période, 991 personnes avaient été renvoyées en 2025 et 828 en 2024. Le résultat de 2026 représente donc une progression d’environ 25 % en un an et de près de 50 % par rapport à 2024.

Les chiffres détaillés font état de 233 retours vers le Maroc, 195 vers l’Albanie et 138 vers l’Algérie. Ces trois nationalités représentent ensemble 566 éloignements, soit un peu moins de la moitié du total annoncé.

Les personnes concernées ont été condamnées par la justice belge et se trouvaient sans droit de séjour. Leur éloignement intervient depuis la prison, après l’exécution de tout ou partie substantielle de leur peine, selon les modalités prévues par la législation. Il ne faut donc pas confondre ces retours effectifs avec les ordres de quitter le territoire, beaucoup plus nombreux, ni avec l’ensemble des étrangers détenus en Belgique.

L’accord avec l’Algérie accélère l’identification

La progression des retours vers l’Algérie intervient quelques mois après une avancée diplomatique annoncée fin mars par Maxime Prévot (Les Engagés), ministre des Affaires étrangères, et Anneleen Van Bossuyt. La Belgique et l’Algérie ont conclu deux accords liés : un dispositif de réadmission des ressortissants algériens sans droit de séjour et une exemption de visa pour les détenteurs algériens de passeports diplomatiques et de service.

Le mécanisme prévoit de ramener le délai d’identification à environ quinze jours, contre plusieurs mois auparavant. La validité du laissez-passer nécessaire au voyage est portée d’un jour à trente jours. Plusieurs personnes peuvent également être transférées sur un même vol, direct ou avec correspondance, tandis que des escorteurs algériens peuvent participer à certaines opérations de retour forcé.

Au moment de l’annonce, le gouvernement indiquait que 2 251 personnes se déclarant de nationalité algérienne avaient reçu un ordre de quitter le territoire en 2025, alors que 85 retours volontaires ou forcés avaient effectivement été réalisés cette année-là. Les autorités recensaient aussi 780 détenus se déclarant Algériens dans les prisons belges, dont 700 sans titre de séjour.

Le Maroc reste la première destination

Avec 233 personnes renvoyées durant les huit premiers mois de 2026, le Maroc arrive en tête du classement. La coopération avec Rabat repose sur des arrangements de réadmission plus anciens, régulièrement renouvelés. Dans la pratique, le pays de destination doit confirmer la nationalité de la personne et délivrer les documents de voyage nécessaires lorsque celle-ci ne possède pas de passeport valable.

Le gouvernement fédéral veut faire des retours de détenus sans titre de séjour l’un des moyens de réduire la surpopulation carcérale. Pour avril 2027, le plan fédéral fixe notamment un objectif de 2 000 retours forcés, dont au moins 275 vers le Maroc, ainsi que 150 transfèrements de peine vers d’autres États.

Un retour forcé reste une procédure individuelle

Un accord de réadmission ne provoque pas une expulsion automatique. Chaque dossier doit reposer sur une décision de retour exécutoire, une identification et l’obtention de documents de voyage. Les possibilités de recours et les protections prévues par le droit belge et international restent applicables, notamment lorsqu’une personne invoque un risque de persécution ou de traitement inhumain dans le pays de destination.

L’Office des étrangers précise que le départ volontaire demeure en principe la voie privilégiée. Le retour forcé peut être organisé lorsqu’une personne en séjour irrégulier ne respecte pas volontairement un ordre de quitter le territoire. La coopération consulaire avec les pays d’origine est alors déterminante : sans confirmation de l’identité ni document de voyage, l’éloignement peut être retardé ou devenir impossible.

Le record annoncé traduit donc à la fois une intensification administrative des retours depuis les prisons et une coopération accrue avec plusieurs pays d’origine. Les prochains mois permettront de mesurer si cette tendance se maintient sur l’ensemble de l’année 2026.

Sources

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