Le prix du diesel continue de grimper en Belgique. Dès mercredi, le prix maximum officiel du diesel B7 atteint 2,107 € par litre, soit une augmentation de 8,8 centimes en une seule journée. La barre symbolique des 2 euros avait déjà été franchie la semaine précédente et la tendance reste clairement à la hausse.
Cette augmentation s’inscrit dans un contexte géopolitique particulièrement tendu au Moyen-Orient, qui perturbe fortement les marchés mondiaux de l’énergie.
Un conflit au Moyen-Orient qui fait flamber les prix
La principale raison de cette hausse est la guerre qui s’intensifie au Moyen-Orient. Depuis la fin février, les tensions militaires entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés ont provoqué une crise autour du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le commerce mondial du pétrole.
Ce passage est essentiel : environ 20 % du pétrole mondial y transite habituellement. Les perturbations du trafic maritime et les attaques contre certaines installations pétrolières ont fortement réduit les exportations, créant un choc sur les marchés énergétiques.
Résultat :
- les exportations pétrolières ont fortement diminué,
- plusieurs pays du Golfe ont réduit leur production,
- les prix du brut ont bondi de plus de 30 à 40 % depuis le début du conflit.
Le baril de Brent a ainsi dépassé les 100 dollars, un niveau qui n’avait plus été observé depuis plusieurs années, ce qui se répercute directement sur les carburants en Europe.
Effet domino sur le diesel et les transports
Le diesel est particulièrement sensible à ce type de crise car il est largement utilisé dans :
- le transport routier de marchandises
- l’agriculture
- l’industrie et la construction
Quand les prix du pétrole augmentent, le coût du diesel grimpe rapidement, ce qui renchérit le transport et peut ensuite faire augmenter les prix de nombreux produits.
Les analystes craignent donc un effet inflationniste plus large sur l’économie européenne si la crise énergétique se prolonge.
Le mazout de chauffage aussi en hausse
La hausse ne concerne pas seulement les automobilistes. Le mazout de chauffage augmente lui aussi.
Pour une commande de plus de 2.000 litres, le prix atteint désormais environ 1,2311 € par litre, un niveau qui n’avait plus été observé depuis novembre 2022.
Pour de nombreux ménages belges, cela signifie des factures de chauffage plus élevées à l’approche de la prochaine saison froide.
Une situation encore incertaine
Pour l’instant, les marchés de l’énergie restent extrêmement volatils. Les analystes estiment que la situation dépendra largement de l’évolution du conflit et de la réouverture éventuelle du détroit d’Ormuz.
Si les perturbations persistent, certains experts n’excluent pas :
- de nouvelles hausses du diesel en Europe,
- une pression supplémentaire sur l’inflation,
- voire des mesures d’urgence sur les marchés énergétiques.
En attendant, les automobilistes belges doivent se préparer à payer leur carburant plus cher, au moins à court terme.
