Dès avril 2026, les flexi-jobs pourront être exercés dans tous les secteurs, avec un plafond de revenus non imposés porté à 18.000 € et des conditions salariales renforcées, notamment dans l’horeca.
Les travailleurs souhaitant compléter leurs revenus via un flexi-job disposeront bientôt de conditions nettement plus avantageuses. Dès le 1er avril 2026, le gouvernement élargira le dispositif à l’ensemble des secteurs économiques, tout en augmentant le plafond des revenus non imposés et en améliorant les conditions salariales, notamment dans l’horeca. Une réforme majeure pour un système déjà en plein essor.
Un système qui s’ouvre à tous les secteurs
Introduits en 2015 pour soutenir l’horeca, les flexi-jobs se sont progressivement étendus à d’autres domaines comme la grande distribution, les boulangeries, l’enseignement, la santé et les crèches. À partir d’avril 2026, ils seront autorisés dans tous les secteurs, même si chaque domaine pourra encore décider d’y renoncer.
Comme le rappelle David Clarinval (MR), « les partenaires sociaux gardent la possibilité de mettre en place une opt-out » pour interdire les flexi-jobs dans leur secteur. De plus, la loi permet de limiter leur nombre à un certain pourcentage du volume total de travail, comme c’est déjà le cas dans l’accueil de la petite enfance.
Dans le secteur public, ce sont les ministres compétents ou les autorités administratives qui décideront de participer — ou non — au dispositif.
Jusqu’à 18.000 € de revenus complémentaires non imposés
Le flexi-job reste réservé aux travailleurs occupés au moins à 4/5e temps ainsi qu’aux pensionnés. Son principal avantage subsiste : aucune imposition ni cotisation sociale, tant que le revenu annuel ne dépasse pas le plafond prévu.
Ce plafond, actuellement fixé à 12.000 €, sera rehaussé à 18.000 €. Le brut reste donc égal au net pour le flexi-jobber, tandis que l’employeur assume une cotisation patronale de 28 %, sans cotisation ONSS.
Autre avantage : les jours prestés sont comptabilisés pour la pension, les droits aux congés ou encore certaines allocations.
Horeca : un salaire horaire relevé à 21 €
Les conditions salariales évolueront également. Dans l’horeca, le salaire horaire maximum passera de 18 à 21 euros, un montant qui sera ensuite indexé. Les flexi-jobbers auront désormais droit aux mêmes primes et indemnités que les autres travailleurs.
Une modification notable interviendra également pour les entreprises de l’horeca : la suppression de l’interdiction de travailler dans des sociétés liées. Un employé à temps plein pourra donc exercer un flexi-job dans une filiale de son employeur.
Les syndicats alertent sur les dérives possibles
Du côté syndical, les inquiétudes persistent. Bert Engelaar, secrétaire général de l’ABVV, redoute une fragilisation accrue de la sécurité sociale.
« Les flexi-jobbers ne cotisent pas, alors que leurs jours prestés comptent malgré tout pour certains droits. En élargissant ce système, on détricote notre sécurité sociale », déplore-t-il.
Il critique également un dialogue social qu’il juge inefficace : « Sans consensus, le gouvernement passe outre. Cela incitera certains employeurs à éviter la négociation pour imposer le flexi-job dans leur secteur. »
Les syndicats dénoncent aussi une augmentation de la précarité. Dans certains commerces, les contrats fixes disparaissent au profit de flexi-jobbers ou d’étudiants. « On risque de se retrouver avec des magasins sans travailleurs permanents », prévient Engelaar, qui s’interroge aussi sur la sécurité et les formations en cas de tâches plus techniques.
Une évaluation prévue après un an
Pour répondre aux critiques, le ministre Clarinval assure que chaque secteur devra procéder à une évaluation un an après l’introduction des flexi-jobs généralisés. L’objectif : vérifier que les conditions de travail restent sûres et limiter les risques d’accidents.

