Le président américain évoque la remise de jusqu’à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, tandis que la présidente par intérim du Venezuela rejette toute ingérence étrangère après l’arrestation de Nicolas Maduro.
Les relations entre Washington et Caracas franchissent un nouveau seuil de tension. Donald Trump a affirmé que les autorités vénézuéliennes allaient livrer entre 30 et 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, une déclaration aussitôt contestée par le nouveau pouvoir en place à Caracas. « Le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d’autre », a martelé la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, en réponse aux propos du président américain, qui assure que Washington est désormais « aux commandes ».
Ces déclarations interviennent au lendemain de l’arrestation spectaculaire du président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas, lors d’une opération américaine présentée comme une action de police. Donald Trump a assuré que le pétrole concerné serait vendu au prix du marché et que les revenus seraient placés sous son contrôle afin de garantir, selon lui, leur utilisation « au bénéfice des peuples vénézuélien et américain ». Le président américain a par ailleurs reconnu l’importance stratégique des immenses réserves pétrolières du Venezuela, les plus importantes au monde en termes de réserves prouvées.
De son côté, Delcy Rodriguez a tenté d’afficher une ligne de continuité institutionnelle et de fermeté. Elle a nommé Calixto Ortega Sanchez, ancien dirigeant de la Banque centrale et spécialiste du secteur pétrolier, au poste de vice-président chargé de l’économie. Elle a également décrété sept jours de deuil national en hommage aux victimes de l’opération américaine, qui aurait fait plusieurs dizaines de morts parmi les forces vénézuéliennes et cubaines.
Le nouveau gouvernement conserve des figures clés de l’ancien pouvoir, notamment le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello et le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez. Pendant ce temps, Maria Corina Machado, cheffe de l’opposition et prix Nobel de la paix 2025, a annoncé son intention de revenir rapidement au Venezuela, bien que Donald Trump l’ait écartée de toute prise de fonction à la tête du pays.
Selon le procureur général vénézuélien, l’intervention américaine a causé de nombreuses victimes civiles et militaires. Les autorités ont confirmé la mort de plusieurs hauts gradés, tandis que Cuba a annoncé la perte de membres de ses services de sécurité. L’ONU a, de son côté, mis en garde contre une atteinte grave aux principes fondamentaux du droit international.
Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, arrêtés puis transférés à New York, ont plaidé non coupables face à plusieurs chefs d’accusation, dont le narcoterrorisme. L’ancien président restera détenu aux États-Unis en attendant la suite de la procédure judiciaire.
À Caracas, des manifestations de soutien à Maduro ont éclaté, dénonçant ce que certains qualifient d’« abus institutionnel » de la part des États-Unis. Dans un climat de peur et de répression présumée, journalistes et correspondants étrangers font état d’interpellations temporaires, illustrant la fragilité de la situation politique et sécuritaire du pays.

