Présentée comme bénéfique pour le pouvoir d’achat, la réforme de l’impôt des personnes physiques pourrait alourdir la facture fiscale des pensionnés, des malades et des chômeurs, selon plusieurs organisations.
Plusieurs organisations de défense des pensionnés, des personnes malades et des chômeurs alertent sur les effets pervers du projet de réforme de l’impôt des personnes physiques porté par le gouvernement Arizona. Présentée comme une mesure destinée à renforcer le pouvoir d’achat, cette réforme pourrait en réalité entraîner une hausse de la charge fiscale pour certains publics vulnérables, selon leurs analyses.
Le projet de loi prévoit notamment une augmentation progressive de la quotité du revenu exemptée d’impôt, qui passerait de 10.910 euros actuellement à 15.600 euros à l’horizon 2030. Cette mesure est censée réduire l’impôt dû par les ménages. Toutefois, les organisations OKRA et Enéo (représentant les aînés), Samana (association pour les personnes atteintes de maladies chroniques) et le Réseau belge de lutte contre la pauvreté (BAPN) estiment que les bénéficiaires de revenus de remplacement ne profiteront pas de cette hausse.
Selon elles, l’augmentation de la quotité exemptée d’impôt sera neutralisée pour les pensionnés, les malades et les chômeurs par une diminution simultanée de la réduction d’impôt actuellement accordée sur les allocations. Résultat : contrairement aux travailleurs, ces publics ne verront aucun gain net, malgré la réforme annoncée comme universelle.
Les associations mettent également en garde contre un second mécanisme prévu à partir de l’exercice d’imposition 2029. Celui-ci vise à compenser la perte de recettes fiscales pour les communes, qui perçoivent des centimes additionnels à l’impôt des personnes physiques. Si ce correctif réduit l’avantage fiscal pour les personnes actives, il se traduirait, pour les pensionnés, les malades, les chômeurs et les bénéficiaires du revenu d’intégration, par une augmentation directe de leur taxe communale.
Pour ces organisations, la réforme risque donc d’aggraver la pression fiscale sur des populations déjà fragilisées. Elles dénoncent un « nouveau coup dur » pour les revenus les plus modestes et appellent les autorités à revoir le projet afin d’éviter une hausse d’impôts déguisée pour les pensionnés, les malades et les chômeurs.

