Entre le lancement des travaux de la chaussée de Mons et les futurs chantiers du bassin Biestebroeck, les habitants redoutent une forte dégradation de la mobilité et du stationnement à Anderlecht.
Le début du réaménagement de la chaussée de Mons, à Anderlecht, marque le coup d’envoi d’une série de projets d’infrastructure qui vont profondément transformer le bassin Biestebroeck. Ce quartier en pleine expansion voit émerger un ensemble de chantiers liés à l’urbanisation, à l’amélioration de la sécurité routière et à la création de nouveaux logements.
Pour les autorités communales et régionales, ces travaux sont nécessaires pour accompagner le développement du quartier, renforcer les transports en commun et favoriser les modes actifs. Mais sur le terrain, le ressenti est bien différent : les habitants y voient surtout la promesse de longues années de perturbations.
Des travaux successifs qui risquent d’asphyxier la mobilité locale
La multiplication des interventions — voiries, réseaux, projets immobiliers, espaces publics — soulève de nombreuses craintes. Alors que la circulation est déjà difficile sur l’axe, les déviations et restrictions annoncées risquent d’amplifier les embouteillages.
Les riverains redoutent l’apparition d’un véritable goulot d’étranglement, rendant les déplacements quotidiens encore plus complexes. Commerçants et travailleurs pointent également un risque de perte d’accessibilité du quartier, dont la fréquentation pourrait chuter durant la durée des travaux.
Un stationnement déjà saturé, bientôt sous pression
L’un des points les plus sensibles est la réduction progressive des places de parking dans l’ensemble du quartier. Les projets urbanistiques prévoient une diminution du stationnement en voirie afin de libérer de l’espace pour les piétons, cyclistes et futures constructions.
Une vision “durable”, selon les autorités, mais qui est farouchement contestée par une partie des habitants, qui dénoncent une décision déconnectée des réalités du terrain.
Les opposants parlent d’un “Good Move 3”
Pour plusieurs comités locaux, ces travaux successifs s’apparentent à une nouvelle étape du plan Good Move, très critiqué dans d’autres quartiers bruxellois.
Ils évoquent même un “Good Move 3”, estimant que le quartier est transformé sans concertation suffisante et sans solutions alternatives crédibles pour les habitants dépendants de leur voiture.
Les collectifs pointent un manque de communication, une absence de coordination entre les différents chantiers et une vision jugée trop théorique de la mobilité.
Les autorités appellent à la patience
Face à ces critiques, la Région et la commune d’Anderlecht mettent en avant la cohérence du projet global : moderniser un quartier en pleine mutation, sécuriser les déplacements et améliorer l’attractivité du bassin.
Elles reconnaissent toutefois que la phase transitoire sera « difficile » et promettent des mesures d’accompagnement ainsi qu’une communication régulière.
Un quartier en transition, entre opportunités et frustrations
Le bassin Biestebroeck se situe à un moment charnière : entre les ambitions urbanistiques et le vécu quotidien des habitants. Alors que les travaux s’enchaînent, l’enjeu sera de préserver la qualité de vie locale tout en poursuivant la transformation du quartier.

