Les marchés mondiaux ont démarré septembre sous une même pression : l’énergie renchérit et le coût du financement augmente. Après la reprise des affrontements directs entre les États-Unis et l’Iran, le Brent a dépassé 91 dollars le baril mardi, tandis que le gaz de référence européen a clôturé la veille à son plus haut niveau depuis plus de trois ans et demi.
Ce mouvement traduit d’abord une crainte de perturbations de l’offre au Moyen-Orient. Les investisseurs surveillent particulièrement les flux maritimes dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les exportations de pétrole et de gaz de la région. Le retour des risques militaires remet une prime géopolitique dans les prix de l’énergie.
Le pétrole franchit le seuil des 91 dollars
Le contrat de Brent progressait à 91,05 dollars le baril en début de séance asiatique, selon les données rapportées mardi. Le pétrole américain WTI évoluait à 86,59 dollars. La hausse prolonge le fort rebond de la veille, au cours de laquelle les deux références avaient déjà gagné près de 3 %.
L’enjeu ne se limite pas au prix du brut. Une prolongation des tensions peut accroître l’incertitude autour du transport maritime, de l’assurance des cargaisons et de la disponibilité des exportations énergétiques du Golfe. Les marchés évaluent donc non seulement les volumes effectivement interrompus, mais aussi le risque d’une dégradation supplémentaire de la situation.
Le gaz européen également sous tension
Le gaz européen suit le même mouvement. Le prix de référence du continent a atteint lundi un niveau inédit depuis plus de trois ans et demi. Pour l’Europe, qui reste exposée à la compétition mondiale pour les cargaisons de gaz naturel liquéfié, la hausse est particulièrement surveillée à l’approche de la saison de chauffe.
Une énergie plus chère peut finir par se diffuser aux prix de transport, de production et de chauffage. Cette transmission n’est ni immédiate ni automatique, mais elle complique la baisse de l’inflation recherchée par les banques centrales.
Les obligations reflètent le retour du risque inflationniste
La réaction ne s’est pas limitée aux matières premières. Le rendement de l’emprunt américain à dix ans a grimpé à environ 4,78 %, un plus haut depuis près de vingt mois. Lorsque les rendements montent, les prix des obligations baissent : les investisseurs demandent un rendement plus élevé pour détenir de la dette à long terme.
En Europe aussi, la tension s’est accentuée. Les rendements obligataires allemands et français à long terme ont atteint des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis environ quinze ans. Plusieurs facteurs se superposent : la hausse de l’énergie, les anticipations de politique monétaire et les inquiétudes budgétaires déjà présentes sur certains marchés.
Des banques centrales face à un arbitrage plus difficile
Les marchés redoutent qu’un choc énergétique durable ralentisse le reflux de l’inflation. Dans ce cas, les banques centrales pourraient être amenées à conserver des taux élevés plus longtemps, voire à resserrer encore leur politique si les pressions sur les prix se confirmaient.
La suite dépendra autant de l’évolution militaire et diplomatique au Moyen-Orient que des prochaines données sur l’emploi et l’inflation. À ce stade, la hausse simultanée du pétrole, du gaz et des rendements montre que les investisseurs ne voient plus la crise uniquement comme un risque géopolitique : ils en mesurent déjà les conséquences possibles sur l’économie mondiale.
Sources
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