Après des années de batailles judiciaires, le pays cède : la justice condamne la Belgique à payer une lourde indemnité à Trabelsi, autrefois condamné pour terrorisme.
L’État belge verse 350 000 € à l’ex-djihadiste Nizar Trabelsi dans une affaire judiciaire controversée
Bruxelles — L’État belge a versé 350 000 euros à l’ancien djihadiste tunisien Nizar Trabelsi, selon des informations confirmées récemment. Ce paiement, résultant de décisions de justice successives, relance le débat sur les obligations juridiques de la Belgique face au principe de l’État de droit.
Pourquoi ce versement ?
- Il s’agit d’astreintes : la Belgique avait été condamnée à verser des pénalités financières pour ne pas avoir rapatrié Trabelsi depuis les États-Unis.
- Le montant se décompose en 300 000 € d’astreintes et 50 000 € de frais de procédure, selon les médias.
- La cour d’appel de Bruxelles avait imposé ces astreintes, estimant qu’elles étaient « nécessaires » pour faire respecter des décisions de justice et protéger l’État de droit.
Contexte judiciaire
- Trabelsi avait été condamné en Belgique en 2004 pour un projet d’attentat contre la base militaire de Kleine-Brogel.
- En 2013, il a été extradé vers les États-Unis, malgré des réserves juridiques : la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait déjà soulevé des problèmes liés à cette extradition.
- Plusieurs décisions judiciaires belges ont ensuite condamné l’État belge pour ne pas avoir agi pour rapatrier Trabelsi : en 2022, une injonction avait été prononcée, assortie d’astreintes très élevées (jusqu’à 250 000 €).
- En 2023, Trabelsi a finalement été acquitté par un tribunal fédéral américain, mais il est resté détenu aux USA jusqu’à son retour en Belgique en 2025.
- En octobre 2025, la Cour de cassation belge a confirmé sa libération, rejetant les recours de l’État belge.
Réactions politiques
- La ministre de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V), a confirmé devant la Chambre que le paiement a bien été effectué.
- Des voix s’élèvent contre cette décision : le Vlaams Belang dénonce le versement comme scandaleux, affirmant que cela permet à Trabelsi « de vivre illégalement ici toute sa vie ».
- De leur côté, les autorités affirment surveiller de près la situation : les services de sécurité assurent qu’ils suivent le dossier, et des discussions sont en cours pour une éventuelle expulsion vers la Tunisie, bien que cela soulève des craintes sur les risques pour l’ancien détenu.
Enjeux
Cette affaire illustre un dilemme complexe : comment concilier la sécurité nationale avec le respect des décisions judiciaires internationales ?
Pour certains juges, les astreintes étaient indispensables pour garantir que l’État belge n’ignore pas les décisions de justice. Pour d’autres, céder à Trabelsi — un ancien terroriste — apparaît comme une forme d’injustice morale, surtout face à la colère de l’opinion publique.

