Dès janvier, la Wallonie pourrait perdre des milliers de places d’accueil pour enfants en raison des coupes budgétaires décidées par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le secteur parle d’une véritable « catastrophe annoncée », craignant un impact majeur sur les familles et sur l’emploi.
Selon la Cosege (Coordination des services d’accueil d’enfants), des dizaines de structures sont menacées de fermeture. Les mesures d’économies adoptées lors du conclave budgétaire prévoient en effet 74 millions d’euros de réductions dans le financement de la petite enfance. Parmi celles-ci, huit millions proviendront de la non-indexation des subsides de l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE), pourtant essentiels au financement du personnel.
Pour de nombreux milieux d’accueil déjà fragilisés, cette perte de moyens est impossible à absorber. Résultat : les fermetures pourraient se multiplier, aggravant une situation où les places manquent déjà cruellement. Selon la Cosege, les conséquences seraient massives : jusqu’à 1.648 places menacées chez environ 400 accueillantes à Liège, au moins 300 places dans la région montoise, et 3.316 places dans le Hainaut, soit environ 3.600 familles concernées. Au total, un quart des places d’accueil en Fédération Wallonie-Bruxelles pourrait disparaître.
Face à l’urgence, la Cosege, avec d’autres acteurs sociaux, sera présente mardi au Parlement de la Fédération pour réclamer un refinancement immédiat du secteur. Le monde de la petite enfance rappelle avoir déjà alerté à plusieurs reprises sur la dégradation des conditions de travail, la pénurie de personnel et le sous-financement chronique du système. Selon eux, les nouvelles économies risquent d’enfoncer définitivement un secteur déjà à bout de souffle.

