La Belgique s’apprête à mettre en œuvre, en mars 2026, une réforme majeure des conditions d’accès aux allocations de chômage. Cette modification touchera particulièrement les travailleurs aux revenus fluctuants ou aux emplois irréguliers : intermittents, pigistes, indépendants complémentaires ou encore salariés occupant des postes précaires.
Parmi eux, Caroline George, guide touristique saisonnière. Son activité représente environ un mi-temps, avec une rémunération très variable selon les mois. Grâce à son statut actuel, elle bénéficie d’un complément de chômage – un soutien qui pourrait disparaître avec la réforme. Elle estime qu’environ 5 000 euros par an pourraient lui être retirés. « Je passe d’une économie de vie à une économie de survie, donc cela va m’obliger à faire des choix », confie-t-elle.
Autre exemple : Sandra Costa, accueillante extrascolaire à l’école Notre-Dame de Waremme depuis quinze ans. Elle travaille 20 heures par semaine pour un salaire d’environ 1 300 euros par mois et perçoit un complément de chômage de 500 euros. Sans celui-ci, ses revenus chuteraient à 1 300 euros, une somme insuffisante pour vivre dignement. Son horaire très fragmenté, coupé trois fois par jour, rend difficile la combinaison avec un autre emploi. Malgré son attachement à son métier, elle se dit prête, à contre-cœur, à se réorienter : « Je pense que je serai dans l’obligation de chercher un nouvel emploi, même si celui que je fais, je l’aime beaucoup. »
Selon la FGTB, rien qu’au sein de ses membres, quelque 8 000 travailleurs à temps partiel pourraient perdre leur accès aux allocations de chômage à cause de cette réforme.

