La hausse des accises et l’arrivée de la taxe carbone vont accélérer l’abandon du chauffage au gaz au profit des pompes à chaleur, transformant profondément la facture et les habitudes énergétiques des ménages belges.
La Belgique s’apprête à tourner une page majeure de son histoire énergétique. Avec le dernier accord budgétaire, le gouvernement fédéral acte la hausse progressive des accises sur le gaz, rendant cette énergie nettement plus coûteuse pour les ménages. Un signal fort destiné à accélérer l’abandon des chaudières au gaz, encore utilisées par 40 % des foyers.
Mathieu Bihet, ministre fédéral de l’Énergie, insiste sur l’urgence du virage à prendre : il appelle les citoyens à « passer d’une source carbonée à une source décarbonée ». L’objectif est clair : rendre les systèmes de chauffage fossiles obsolètes au profit de solutions renouvelables.
Selon plusieurs experts du secteur, la transition pourrait être fulgurante. « D’ici quatre à cinq ans, nous ne verrons plus de chaudières au mur, uniquement des pompes à chaleur », anticipe Jean Flandre, conseiller technique dans une entreprise de chauffage. Une évolution d’autant plus cruciale à Bruxelles, où 54 % des émissions de CO₂ proviennent de la production de chaleur — largement dominée par le gaz.
Mais cette transformation inquiète aussi. Entre la hausse des accises et l’arrivée, en 2027, de la taxe carbone européenne, la facture pourrait grimper de 150 à 400 euros par ménage et par an. Les familles aux revenus modestes se montrent particulièrement préoccupées par le coût des alternatives. D’autres y voient une opportunité : se tourner vers l’électricité ou investir dans le photovoltaïque pour réduire leur dépendance au gaz.
La Belgique s’inscrit ainsi dans une tendance européenne confirmée. Copenhague produit déjà 95 % de sa chaleur via un réseau thermique performant, Luxembourg-Ville étend rapidement le sien pour alimenter plus de 3 000 logements, tandis que Paris investit massivement dans un réseau urbain décarboné. Autant d’exemples qui montrent que se passer du gaz est non seulement souhaitable, mais possible.
Face aux exigences climatiques européennes, l’essor des pompes à chaleur apparaît comme un levier essentiel de l’électrification de la chaleur. Une mutation profonde qui redessine le quotidien énergétique des ménages belges.

