Fratelli d’Italia propose de doubler le plafond des paiements en espèces à 10.000 euros, une mesure présentée comme un moyen de soutenir le tourisme et l’économie, mais largement critiquée par l’opposition pour ses risques en matière de fraude.
En Italie, Fratelli d’Italia, le parti de la Première ministre Giorgia Meloni, souhaite assouplir les règles encadrant les paiements en espèces. Un amendement déposé dans le cadre du budget 2026 vise à doubler le plafond légal, qui passerait de 5.000 à 10.000 euros, comme le rapporte The Financial Times. La mesure s’accompagnerait toutefois d’un droit de timbre de 500 euros sur chaque paiement en liquide dépassant 5.000 euros.
Selon les défenseurs du projet, cette hausse du plafond permettrait d’attirer davantage de touristes étrangers, particulièrement ceux pour qui le paiement en cash est habituel, et encouragerait la réinjection de liquidités non déclarées dans l’économie formelle. « Une petite contribution de 500 euros pourrait permettre de ramener beaucoup d’argent liquide dans l’économie réelle », affirme Marco Osnato, président de la commission des Finances de la Chambre des députés. Le sénateur Matteo Gelmetti, autre promoteur du texte, estime qu’il s’agirait également d’un moyen pour l’État italien de collecter des fonds supplémentaires.
Ce projet intervient alors que l’Union européenne instaure une limite commune de 10.000 euros pour les paiements en espèces à partir de juillet 2027. Les États membres restent toutefois libres d’adopter une limite inférieure. Certains pays, comme la France, appliquent déjà des seuils plus stricts, tandis que d’autres, comme l’Allemagne ou l’Autriche, ne disposaient jusqu’ici d’aucune limite nationale.
L’initiative italienne est cependant vivement critiquée par l’opposition, qui y voit une mesure susceptible de favoriser les fraudeurs fiscaux et les acteurs de l’économie illégale. « C’est une idée étrange, une mesure désespérée pour lever des fonds », dénonce le sénateur démocrate Antonio Misiani.
Depuis son arrivée au pouvoir, la coalition menée par Giorgia Meloni a adopté plusieurs décisions visant à assouplir l’usage du cash. Le plafond des paiements en espèces avait déjà été relevé de 1.000 à 5.000 euros, et le gouvernement avait même envisagé d’autoriser les commerçants à refuser les paiements par carte pour les achats inférieurs à 60 euros, avant de renoncer sous la pression.

