Après cinq ans de développement et plus de 75 millions d’euros engagés, le projet i-Police est abandonné en raison de failles majeures, poussant le gouvernement à revoir sa stratégie de modernisation numérique de la police fédérale.
Lancé avec l’ambition de moderniser en profondeur les outils numériques de la Police fédérale belge, le projet i-Police ne verra finalement pas son aboutissement. Après cinq années de développement, le gouvernement a décidé d’y mettre un terme, estimant que les résultats ne sont pas à la hauteur des objectifs fixés.
La décision a été prise par le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin, à la suite de constats préoccupants. Des failles importantes ont été identifiées dans l’exécution du marché public, tant sur le plan de la gouvernance que de la mise en œuvre technique. Malgré le temps et les ressources engagés, le projet n’a pas permis d’apporter les améliorations attendues au fonctionnement quotidien de la police.
Sur le plan financier, l’abandon du projet représente un enjeu majeur. À ce jour, 75,8 millions d’euros ont déjà été dépensés sur un budget total initialement estimé à 299 millions d’euros. La Police fédérale espère toutefois pouvoir récupérer une partie des montants engagés, notamment via des mécanismes contractuels ou juridiques liés à l’exécution du marché.
Le gouvernement tient néanmoins à rassurer : cet échec ne marque pas la fin de la modernisation numérique des forces de l’ordre. Au contraire, les autorités souhaitent tirer les leçons de l’expérience i-Police pour adopter une nouvelle stratégie. Celle-ci reposera sur des projets plus ciblés, progressifs et mieux maîtrisés, afin de répondre concrètement aux besoins du terrain tout en limitant les risques financiers et opérationnels.
L’abandon d’i-Police illustre ainsi les difficultés que peuvent rencontrer les grands projets informatiques publics, mais ouvre également la voie à une approche plus pragmatique de la transformation numérique de la Police fédérale belge.

