Thessalonique, 10 juillet 2026 — Le vol FR1879 de Ryanair, reliant Thessalonique (Grèce) à Memmingen (Allemagne), a vécu vendredi matin des minutes de terreur. Peu après le décollage, un hublot de la cabine a cédé en plein ciel, provoquant une décompression soudaine qui a bien failli coûter la vie à un passager.
Le déroulé des faits
L’appareil, un Boeing 737-800 immatriculé 9H-QEU et exploité par Malta Air pour le compte de Ryanair, avait décollé à 6h12 heure locale de la piste 28 de l’aéroport de Thessalonique. Environ huit minutes après le décollage, alors que l’avion montait vers une altitude d’environ 5 000 mètres au-dessus de la Macédoine du Nord, l’équipage a signalé un problème sur le moteur droit, un CFM56. <cite index= »1-1″>Presque simultanément, un hublot de la cabine s’est brisé et le passager assis juste à côté s’est retrouvé coincé dans l’ouverture, la tête à l’extérieur</cite>.
Les témoins décrivent un bruit assourdissant, presque une détonation, suivi de l’éclatement du hublot. La dépressurisation a été immédiate : les masques à oxygène sont automatiquement tombés du plafond de la cabine, plongeant les passagers dans la panique.
Sauvé par sa ceinture et par les autres passagers
Le passager le plus touché, un ressortissant serbe âgé d’une soixantaine d’années, a été violemment aspiré vers l’extérieur par la dépressurisation. Selon un témoignage rapporté par la presse, sa tête et ses épaules dépassaient de la fenêtre brisée. Seule sa ceinture de sécurité l’a empêché d’être totalement éjecté. Son épouse l’a agrippé par les jambes, avant que d’autres passagers ne se joignent à elle pour le ramener à l’intérieur de la cabine.
Face à l’urgence, l’équipage a réagi rapidement : <cite index= »1-1″>l’appareil est descendu sous les 3 000 mètres d’altitude afin de permettre aux occupants de respirer sans les masques</cite>, avant de faire demi-tour vers Thessalonique. L’avion s’est posé sans encombre environ 75 minutes après son départ, ayant au préalable consommé une partie de son carburant pour alléger l’appareil en vue de l’atterrissage.
Un passager hospitalisé, une enquête ouverte
À son arrivée au sol, le passager serbe a été pris en charge par les secours et transporté à l’hôpital général universitaire AHEPA de Thessalonique. Selon le consulat serbe, il souffre d’éraflures et d’une blessure au cou, et se trouvait en état de choc, mais ses jours ne sont pas en danger. Une femme enceinte présente à bord a également été examinée par précaution.
Ryanair a confirmé l’incident dans un communiqué laconique, indiquant que le vol matinal entre Thessalonique et Memmingen était revenu à son point de départ après le détachement en vol d’un hublot passagers, et précisant que l’atterrissage s’était déroulé normalement. Un appareil de remplacement a ensuite été affrété pour acheminer les passagers vers l’Allemagne, avec plusieurs heures de retard.
Selon les premiers éléments relayés par des sources aéroportuaires grecques, un fragment détaché du moteur droit aurait percuté le fuselage avant d’endommager le hublot. L’Irish Aviation Authority (IAA), l’Autorité hellénique de l’aviation civile (HCAA), la FAA américaine ainsi que Boeing ont indiqué apporter leur soutien à l’enquête, qui devra déterminer si l’incident trouve son origine dans une défaillance moteur ou un problème structurel. Fait troublant relevé par plusieurs médias : le même appareil aurait déjà dû interrompre, la veille au soir, un vol Thessalonique-Sarajevo pour revenir se poser en Grèce après avoir survolé la Macédoine du Nord.
Un scénario qui rappelle un drame de 2018
Plusieurs experts aéronautiques ont souligné les similitudes troublantes de cet incident avec l’accident du vol Southwest Airlines 1380, survenu le 17 avril 2018. Ce jour-là, la rupture d’une pale de ventilateur sur un moteur CFM56 d’un Boeing 737 avait projeté des débris ayant perforé un hublot, entraînant une décompression rapide de la cabine. La passagère assise à côté, partiellement aspirée à l’extérieur, avait perdu la vie. Un scénario presque identique à celui de vendredi, à la différence près que cette fois, le passager a survécu.
Ryanair utilise des moteurs CFM56 — fabriqués par CFM International, coentreprise entre General Electric et Safran — sur l’ensemble de sa flotte de Boeing 737 NG. Ni CFM ni Boeing n’ont souhaité commenter en détail les causes de l’incident, la première se contentant du silence, la seconde affirmant rester en contact avec Ryanair pour lui apporter son soutien.
