La Belgique ne change pas de position sur l’utilisation des avoirs russes immobilisés dans l’Union européenne. Alors que la Suède, les Pays-Bas, l’Espagne et la Pologne demandent de rouvrir le débat, Bruxelles maintient ses réserves face aux risques juridiques et financiers liés à une mobilisation directe de ces fonds au profit de l’Ukraine.
La question revêt une importance particulière pour la Belgique : l’essentiel des réserves de la Banque centrale russe bloquées dans l’UE est conservé auprès d’Euroclear, à Bruxelles. Les montants concernés sont estimés à environ 185 milliards d’euros chez ce dépositaire, sur quelque 210 milliards d’euros immobilisés dans l’Union.
Bruxelles veut maintenir le gel, sans utiliser directement le capital
La Belgique soutient le maintien du gel des avoirs aussi longtemps que la Russie poursuit son agression contre l’Ukraine et tant que la question des réparations n’est pas réglée. Mais elle distingue ce gel d’une confiscation ou d’une utilisation directe du capital.
Cette distinction est au cœur de la position belge. Les autorités redoutent notamment les recours de la Russie, les éventuelles demandes de dommages et intérêts et les conséquences pour la confiance dans les infrastructures financières européennes. Euroclear a lui aussi déjà mis en garde contre les risques d’une solution juridiquement fragile.
Quatre États veulent relancer les travaux européens
Dans une lettre adressée à la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas et à la présidence irlandaise du Conseil de l’UE, les ministres des Affaires étrangères de Suède, des Pays-Bas, d’Espagne et de Pologne demandent à la Commission européenne d’examiner de nouvelles options.
Leur idée n’est pas de faire peser le risque sur un seul État membre. Les quatre pays réclament une analyse technique et juridique qui garantirait un partage du risque entre les Vingt-Sept, afin qu’aucun pays ne supporte une charge disproportionnée.
Une réunion décisive les 1er et 2 septembre
Le dossier doit revenir sur la table lors de la réunion informelle des ministres européens des Affaires étrangères, les 1er et 2 septembre en Irlande. Le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot y défendra la ligne belge : toute évolution devrait s’accompagner de garanties solides et d’une répartition intégrale des responsabilités financières et juridiques.
Le débat intervient alors que l’Ukraine fait face à d’importants besoins de financement. Les Vingt-Sept ont déjà adopté un prêt exceptionnel de 90 milliards d’euros pour 2026 et 2027, mais plusieurs capitales estiment que ce mécanisme pourrait ne pas suffire. Pour Bruxelles, cette urgence ne supprime toutefois pas les risques associés à l’utilisation des avoirs russes immobilisés.
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