Une proposition radicale qui divise la classe politique belge
L’idée de l’allocation universelle également appelée revenu de base, ne provient pas des ministres belges, mais s’inscrit dans une longue tradition intellectuelle portée par des philosophes et des économistes. Elle a notamment été théorisée dès les années 1980 par le philosophe belge Philippe Van Parijs, comme un outil de justice sociale et de liberté réelle pour tous. Cette réflexion trouve ses racines bien plus loin encore, jusqu’à Thomas More au XVIᵉ siècle.
Quand le débat a-t-il été lancé en Belgique ?
Si le concept est présent dans le débat académique depuis les années 1980, c’est à partir de 2016 que la question de l’allocation universelle prend une dimension politique plus concrète en Belgique, avec l’apparition de propositions chiffrées et de scénarios de mise en œuvre.
En 2022, le MR relance le débat dans le cadre de son projet Belgium 2030, ce qui ravive les discussions publiques et partisanes autour du revenu de base.
Quels partis ont soutenu l’idée ?
- MR
Georges-Louis Bouchez a défendu le principe de l’allocation universelle dans une logique de simplification de l’État social et de responsabilisation individuelle. - Ecolo
Philippe Defeyt, économiste et ancien président du parti, est un partisan historique du revenu de base, qu’il considère comme un outil de justice sociale et de transition. - PS et PTB (certains courants)
Des membres de ces partis ont exprimé un intérêt pour des formes ciblées de revenu de base, notamment à destination des jeunes, sans soutenir nécessairement une allocation pleinement universelle.
Quels partis s’y sont opposés ?
- Open VLD et CD&V
Opposés à une aide inconditionnelle, ces partis craignent un affaiblissement de l’incitation au travail et une dilution des aides sociales ciblées. - PS
Le parti préfère renforcer les mécanismes existants (chômage, CPAS, allocations sociales) plutôt que d’introduire un versement universel. - PTB
Le PTB rejette l’allocation universelle dans sa version dite libérale, estimant qu’elle pourrait servir de prétexte à la suppression des protections sociales, telles que le chômage ou les pensions.
Quels montants ont été proposés ?
Les scénarios évoqués dans le débat belge varient selon les modèles :
- 650 €, 1 000 € ou 1 500 € par mois pour chaque citoyen.
- Une version ciblée proposait 1 000 € pour les 18–25 ans, afin de favoriser l’autonomie des jeunes adultes.
Quelles réformes auraient été nécessaires ?
La mise en place d’une allocation universelle aurait nécessité des réformes structurelles majeures, notamment :
- Une refonte du système fiscal pour assurer le financement.
- Une fusion ou une suppression partielle de certaines aides sociales existantes (chômage, CPAS, etc.).
- Une révision des cotisations sociales et une forte simplification administrative.
- Dans certains modèles, une compensation fiscale accrue pour les hauts revenus.
Qui aurait reçu cette allocation ?
Le principe fondamental de l’allocation universelle repose sur l’universalité :
- Tous les citoyens, qu’ils travaillent ou non, sans condition de revenu ni de statut.
- Les travailleurs auraient reçu l’allocation en complément de leur salaire.
- Les personnes sans emploi l’auraient perçue sans obligation de prouver une recherche d’emploi.
- Les étudiants, retraités et indépendants auraient également été inclus.

