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samedi 12 septembre 2026 · 09:28 · Bruxelles Le Média Du Peuple

Pensions trop faibles ? Ce que disent vraiment les chiffres en Belgique

Les pensions belges sont-elles vraiment parmi les plus basses d’Europe ? Analyse des chiffres, du taux de remplacement et du rôle clé des pensions complémentaires.

pensions

Avec un taux de remplacement inférieur à celui de la France ou des Pays-Bas, les pensions belges suscitent la colère des syndicats. Analyse et mise en perspective des chiffres.

Les pensions belges figurent-elles réellement parmi les plus basses d’Europe ? C’est en tout cas ce que dénoncent les syndicats, qui estiment que les retraités belges sont désavantagés par rapport à leurs voisins. Les chiffres méritent toutefois d’être analysés avec nuance.

Des montants moyens très variables selon le statut

En Belgique, un retraité perçoit en moyenne 1.701 euros nets par mois. Cette moyenne masque cependant de fortes disparités selon le parcours professionnel.
Un indépendant touche environ 1.253 euros nets, tandis qu’un fonctionnaire perçoit en moyenne 2.437 euros nets mensuels.

Le taux de remplacement, un indicateur clé

Pour comparer les pensions entre pays, les experts utilisent le taux de remplacement, c’est-à-dire le pourcentage du dernier salaire que représente la pension.
En Belgique, ce taux s’élève à 60 %, un niveau proche de celui de l’Allemagne (55 %), mais inférieur à la moyenne européenne, estimée à 68 %.

La comparaison est encore moins favorable face à certains voisins : la France affiche un taux de 72 %, tandis que les Pays-Bas atteignent 93 %.

Les syndicats dénoncent un système pénalisant

Pour les syndicats, ces chiffres confirment que les pensions belges sont insuffisantes et que les réformes fédérales récentes risquent d’aggraver la situation.

« En France, le calcul de la pension se base sur les 25 meilleures années de carrière, alors qu’en Belgique, on prend une moyenne sur l’ensemble de la carrière, ce qui pénalise les périodes moins bien rémunérées », explique Selena Carbonero Fernandez, secrétaire générale de la FGTB.

Elle dénonce également un système qu’elle juge injuste pour les travailleurs confrontés à la maladie, à la pénibilité ou à l’impossibilité de travailler jusqu’à 67 ans :
« Même dans ces situations, vous êtes pénalisé. C’est complètement injuste. »

Le rôle crucial des pensions complémentaires

Les écarts avec d’autres pays s’expliquent aussi par la place accordée aux pensions complémentaires. Dans des pays comme la France ou les Pays-Bas, elles sont obligatoires et intégrées dans les statistiques officielles.
En Belgique, elles ne le sont pas, même si 78 % des travailleurs disposent d’une pension complémentaire.

Pour de nombreux économistes, ces dispositifs deviennent indispensables, car le financement de la pension légale est de plus en plus sous pression face au vieillissement de la population.

Immobilier et épargne : une adaptation par nécessité

Face à ces limites, les Belges développent d’autres stratégies.
« Avec moins d’actifs pour financer davantage de pensions, il devient très difficile d’augmenter la pension légale », souligne un expert. « Il faut donc anticiper et se constituer une pension complémentaire le plus tôt possible. »

Autre particularité belge : l’investissement immobilier. Environ 70 % des Belges sont propriétaires, un taux supérieur à celui de nombreux pays voisins, souvent perçu comme un filet de sécurité financier à la retraite.

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