Mons, Belgique – Ce qui devait être un symbole de modernité et de renouveau pour la ville de Mons est devenu, au fil des années, le chantier le plus controversé du pays. Initialement estimé à 37 millions d’euros, le coût total de la nouvelle gare conçue par la célèbre architecte Zaha Hadid s’élève désormais à près de 480 millions d’euros. Un écart vertigineux qui suscite l’indignation des citoyens et des élus locaux.
Un projet ambitieux… mais interminable. Lancé en 2011, le projet de la gare de Mons devait transformer la ville en une porte d’entrée prestigieuse vers la Wallonie. L’architecte Zaha Hadid, déjà connue pour la gare de Liège-Guillemins, avait imaginé une structure futuriste mêlant verre et acier, censée être inaugurée en 2015, année où Mons était capitale européenne de la culture.
Mais le chantier a accumulé retards sur retards, modifications techniques, changements d’entreprises, et problèmes budgétaires. Aujourd’hui, près de 14 ans plus tard, la gare n’est toujours pas complètement terminée.
De 37 à 480 millions : où est passé l’argent ? Selon plusieurs rapports, les surcoûts s’expliquent par une combinaison de facteurs :
La complexité architecturale du bâtiment, qui a nécessité des ajustements coûteux.
Des erreurs de planification et une mauvaise coordination entre les différents acteurs du projet.
Des appels d’offres répétés, à cause de faillites ou de litiges entre entreprises.
L’inflation et la hausse du coût des matériaux de construction.
Malgré ces justifications, beaucoup dénoncent une gestion catastrophique du chantier et une absence de transparence de la part de la SNCB et des autorités locales.
Les citoyens entre fierté et colère. Pour certains Montois, la future gare reste une œuvre architecturale exceptionnelle, un atout pour l’image de la ville et un potentiel moteur économique. Mais pour d’autres, c’est un symbole du gaspillage public.
« C’est magnifique, mais à quel prix ? On aurait pu rénover tout le centre-ville avec cet argent”, s’indigne un habitant rencontré près du chantier.
Une leçon à tirer ? La gare de Mons restera sans doute dans les annales comme l’un des projets publics les plus coûteux de Belgique. Entre ambition artistique et dérive budgétaire, elle pose une question essentielle : jusqu’où peut-on aller pour l’architecture du prestige, quand c’est le contribuable qui paie la note ?

