Le projet défendu par le gouvernement fédéral et par Theo Francken avait suscité beaucoup de réactions lors de son annonce il y a quelques mois. Présenté comme une mesure phare en matière de sécurité, il vise à créer une réserve de défense territoriale grâce à l’instauration d’un service militaire volontaire d’un an, ouvert aux jeunes Belges.
Dès le lancement, l’objectif affiché était clair : encourager ces jeunes à poursuivre une carrière au sein de l’armée après cette année de volontariat. Le dispositif doit ainsi renforcer les effectifs de la Défense, mais aussi sensibiliser la population aux enjeux géopolitiques actuels. Un projet à la fois concret, stratégique et symbolique.
Un engouement spectaculaire
Les premières invitations ont été envoyées ce mercredi et les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 1.250 jeunes se sont déjà inscrits à une séance d’information, étape indispensable avant toute candidature officielle. Un succès confirmé par Theo Francken, alors même que seulement 500 places seront disponibles. La Défense espère quant à elle atteindre les 3.500 inscriptions, un objectif qui semble désormais très plausible.
Le parcours prévu pour ces volontaires est particulièrement complet. Après les tests physiques et psychologiques programmés autour d’avril 2026, les premières recrues devraient entrer en service dans le courant de la même année. Elles recevront d’abord dix semaines de formation de base intensive, suivies d’une à trois semaines de formation spécialisée selon la fonction. Les volontaires intégreront ensuite une base militaire où ils participeront à des missions et exercices afin de découvrir progressivement la réalité du métier.
Un salaire qui attire
Parmi les facteurs expliquant cet engouement, la rémunération joue un rôle majeur. La lettre envoyée aux jeunes met en avant un salaire net de minimum 2.118 € — supérieur au salaire minimum belge — ainsi que de nombreux avantages : chèques-repas, remboursement des soins médicaux, gratuité des transports publics… Une opportunité très intéressante pour des jeunes fraîchement diplômés, qui pourraient économiser plus de 24.000 € sur un an tout en acquérant une expérience valorisante.
Des inquiétudes… et une mise au point
Certaines voix s’étaient inquiétées du risque de voir ces jeunes envoyés en zone de conflit. Une crainte balayée par le ministre de la Défense, qui a tenu à préciser : « Non, je n’enverrai pas notre jeunesse au ‘front’. Il n’y a pas de front. La Belgique n’est pas en guerre. L’OTAN n’est pas en guerre. Et nous n’avons aucune intention de déclarer la guerre. »

