Déficit, dette, austérité: le gouvernement De Wever face à une facture explosive

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Le gouvernement De Wever face à un trou budgétaire de 7,7 milliards d’euros

Le gouvernement fédéral dirigé par Bart De Wever doit désormais trouver 7,7 milliards d’euros supplémentaires afin de maintenir le budget belge dans les limites imposées par les règles européennes. Ce nouveau chiffre provient d’une version provisoire du rapport du Comité de monitoring, révélée le 6 juillet par De Tijd.

En mars dernier, l’effort encore nécessaire était estimé à 4,9 milliards d’euros d’ici 2029. Quelques mois plus tard, la facture s’est donc alourdie de près de 3 milliards d’euros, ce qui place la coalition Arizona sous forte pression à l’approche du conclave budgétaire.

Un déficit qui continue de se creuser

Selon les estimations du Comité de monitoring, le déficit budgétaire fédéral atteindrait 25,68 milliards d’euros cette année, soit 3,9 % du PIB. Sans mesures supplémentaires, il pourrait grimper à 38,27 milliards d’euros en 2029, dernière année de la législature, soit 5,2 % du PIB.

La trajectoire resterait préoccupante après 2029. En 2031, le déficit pourrait atteindre 44 milliards d’euros, soit 5,7 % du PIB. La dette publique suivrait la même tendance, avec un taux d’endettement attendu à 112,7 % du PIB l’an prochain, 117,1 % en 2029 et 122,6 % en 2031.

Cette évolution inquiète d’autant plus que l’Agence fédérale de la dette évoque un possible effet boule de neige à partir de 2031. Cela signifie que la charge de la dette pourrait s’emballer si les intérêts à payer augmentent plus vite que la croissance économique.

La défense pèse aussi sur les comptes

Le gouvernement fédéral a également dû accélérer ses dépenses militaires afin d’atteindre l’objectif de 2 % du PIB dès 2025, au lieu de 2029 comme prévu initialement. Mais selon le Comité de monitoring, certaines dépenses que la Belgique comptait intégrer dans cet objectif ne seraient pas acceptées par l’OTAN. L’écart pourrait atteindre 544 millions d’euros en 2031.

Un conclave budgétaire décisif

Le gouvernement doit maintenant entamer un conclave budgétaire afin de préparer le budget de l’année prochaine, mais aussi une trajectoire pluriannuelle jusqu’en 2029. L’objectif sera de définir les mesures nécessaires pour répondre aux attentes européennes.

Un accord avait été évoqué pour le 21 juillet, mais plusieurs ministres estiment déjà que ce calendrier est trop serré. La Belgique devra toutefois présenter sa copie budgétaire à la Commission européenne à la mi-octobre.

Bart De Wever a reconnu l’ampleur du défi, tout en affirmant que ce scénario avait déjà été anticipé dans un contexte géopolitique difficile. Pour le Premier ministre, il faut désormais prendre ses responsabilités et combler ce nouveau déficit, estimant qu’il n’existe pas d’autre solution.

L’opposition dénonce un échec politique

Les partis d’opposition ont vivement réagi à ces nouvelles prévisions. À gauche, le PS et le PTB dénoncent l’échec de la politique menée par la coalition Arizona.

Paul Magnette, président du PS, estime que le gouvernement a imposé des sacrifices aux travailleurs et aux pensionnés sans parvenir à améliorer la situation budgétaire. Selon lui, les choix de la droite aggravent le déficit au lieu de le réduire. Il appelle à une autre politique, fondée notamment sur la lutte contre la fraude fiscale, la contribution des grandes fortunes et l’investissement dans l’avenir.

Le PTB défend de son côté sa taxe des millionnaires. Pour Sofie Merckx, cheffe de groupe à la Chambre, le gouvernement De Wever-Bouchez mène une politique d’austérité inefficace, tout en laissant filer les dépenses militaires et en maintenant des avantages importants pour les grandes entreprises.

À droite, Anders critique également l’action du gouvernement. Alexia Bertrand parle d’un gouvernement qui ne fait pas assez d’économies et qui évite les vrais choix, notamment dans les soins de santé. Selon elle, les réformes socio-économiques engagées restent insuffisantes et trop limitées.

Les syndicats réclament une réforme fiscale

La FGTB qualifie le rapport du Comité de monitoring d’alarmant. Le syndicat estime que les coupes dans les dépenses sociales ne permettent pas de revenir vers l’équilibre budgétaire et appelle à une réforme en profondeur de la fiscalité.

La FGTB défend notamment la globalisation de l’impôt des personnes physiques. Cette réforme consisterait à taxer de manière identique les revenus du travail, du patrimoine financier, des loyers et des plus-values. Selon le syndicat, une telle mesure pourrait rapporter plusieurs milliards d’euros à l’État.

La CSC plaide pour sa part en faveur d’un impôt sur le patrimoine, qui permettrait selon elle de dégager 5 milliards d’euros et de réduire la pression fiscale sur les revenus du travail. Le syndicat demande également la suppression de certaines aides accordées aux entreprises, comme la réduction de cotisations sociales pour le premier engagement, qu’il juge peu efficace.

Avec un effort supplémentaire de 7,7 milliards d’euros à trouver, le gouvernement De Wever entre donc dans une séquence budgétaire particulièrement délicate. Entre exigences européennes, dette publique en hausse, dépenses militaires et pression sociale, la coalition Arizona devra trancher rapidement.

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