L’inflation en Belgique a rebondi à 3,8 % au deuxième trimestre 2026, après seulement 1,6 % au premier trimestre. L’Observatoire des prix du SPF Économie attribue cette accélération surtout à l’énergie, mais aussi aux services et à certains biens industriels. Les données mensuelles de Statbel montrent que la pression n’a pas disparu en juillet, avec une inflation annuelle encore mesurée à 3,56 %.
Ces deux chiffres ne se contredisent pas. Le taux de 3,8 % est une moyenne calculée sur l’ensemble du deuxième trimestre, tandis que 3,56 % compare les prix de juillet 2026 à ceux de juillet 2025. Ensemble, ils décrivent un coût de la vie toujours orienté à la hausse, malgré un net apaisement des prix alimentaires.
Inflation en Belgique : pourquoi le taux a rebondi
Le rapport semestriel publié le 6 août 2026 par l’Observatoire des prix du SPF Économie met en évidence un changement rapide de tendance. L’inflation totale, qui atteignait en moyenne 3,0 % en 2025, est tombée à 1,6 % au premier trimestre 2026 avant de remonter à 3,8 % entre avril et juin.
La Belgique affiche ainsi, pour ce trimestre, le taux le plus élevé parmi les principaux pays voisins. Les Pays-Bas arrivent derrière avec 2,8 %. Le SPF souligne que la progression belge a été plus marquée pour l’énergie, les services et les biens industriels non énergétiques.
Cette comparaison doit être lue avec prudence. Elle ne signifie pas que tous les produits ont augmenté de 3,8 %, ni que chaque ménage subit exactement la même hausse. L’impact dépend fortement du logement, du mode de chauffage, des déplacements et de la structure des dépenses.
L’énergie reste le principal moteur
L’écart le plus spectaculaire concerne les produits énergétiques. Leur inflation est passée de -4,5 % au premier trimestre à 16,0 % au deuxième trimestre. Le retournement provient principalement de la hausse des produits pétroliers à partir de mars.
Dans le détail, l’inflation des combustibles liquides est passée de -10,2 % en février à 43,0 % en mars. Celle des carburants est passée de -5,8 % à 16,5 % sur la même période. Cette évolution éclaire les fortes variations constatées à la pompe, déjà visibles lorsque le diesel avait dépassé 2,10 euros le litre.
Un reflux s’est toutefois amorcé au cours du trimestre. Entre avril et juin, l’indice de l’énergie a reculé de 6,9 %, notamment grâce à une baisse de 22,0 % pour les combustibles liquides et de 7,1 % pour les carburants. Il faut donc distinguer le niveau des prix, encore élevé par rapport à un an plus tôt, de leur évolution d’un mois à l’autre.
Les services augmentent plus vite que l’alimentation
La hausse ne se limite pas à l’énergie. L’inflation des services a atteint 3,9 % au deuxième trimestre, contre une moyenne annuelle de 1,9 % entre 2015 et 2019. Les forfaits touristiques, le transport de passagers ainsi que les services d’information et de communication ont particulièrement contribué à cette accélération.
Les biens industriels non énergétiques ont affiché une inflation de 1,8 %. Le SPF Économie relève surtout l’habillement, les médicaments, les produits de santé et le matériel informatique et de communication. Des pressions en amont de la chaîne de production pourraient encore se répercuter progressivement sur certains prix de vente.
L’alimentation apporte en revanche une note plus rassurante. Son inflation est retombée à 1,4 % au deuxième trimestre, soit moins de la moitié de la moyenne de 2025. Le recul des cours de certaines matières premières et la baisse des prix des produits laitiers ont contribué à cette détente.
Ce que confirment les chiffres de juillet
Les données mensuelles de Statbel publiées le 30 juillet prolongent ce constat. L’inflation annuelle s’est établie à 3,56 % en juillet, contre 3,40 % en juin. L’inflation calculée sur la base de l’indice santé est passée de 2,99 % à 3,22 %, tandis que l’inflation sous-jacente a atteint 3,13 %.
En juillet, les carburants coûtaient 17,4 % de plus qu’un an auparavant. Le diesel affichait une hausse annuelle de 18,1 % et l’essence de 17,9 %. L’électricité a augmenté de 2,7 % sur un mois, alors que le gaz naturel a baissé de 1,7 %.
Les services ont continué à peser sur les budgets, avec une inflation de 5,17 %. Parmi les hausses mensuelles les plus visibles figuraient les billets d’avion, les campings, les chambres d’hôtel, les services bancaires et les produits d’entretien. À l’inverse, plusieurs appareils électroniques, dont les smartphones et les ordinateurs, coûtaient moins cher qu’un an plus tôt.
Quelles conséquences pour les ménages belges ?
Une inflation persistante réduit le pouvoir d’achat lorsque les revenus ne progressent pas au même rythme. En Belgique, l’indexation automatique amortit une partie du choc pour de nombreux salariés et allocataires, mais son calendrier varie selon les secteurs et les mécanismes applicables. Les ménages restent aussi exposés différemment selon leur consommation d’énergie et leurs besoins de mobilité.
Cette remontée complique également les choix de politique économique. Des taux d’intérêt plus élevés peuvent freiner la demande et le crédit, mais ils agissent moins directement sur un choc énergétique. La Banque centrale européenne avait déjà resserré sa politique face aux tensions inflationnistes.
Du côté des finances publiques, l’inflation peut accroître certaines recettes nominales, mais elle alourdit aussi les dépenses indexées et les coûts de financement. Le sujet intervient alors que la dette fédérale belge approche 575 milliards d’euros.
Le point pratique à retenir
Pour suivre l’évolution réelle du budget, il est utile de séparer les dépenses variables des contrats récurrents. Comparer les offres d’énergie, vérifier les tarifs bancaires et anticiper les déplacements peut produire des économies plus concrètes qu’une réaction au seul taux global d’inflation.
Les prochains chiffres mensuels permettront surtout de voir si la détente récente des produits pétroliers se confirme. À ce stade, le message des données officielles est clair : l’alimentation ralentit, mais l’énergie et les services maintiennent une pression importante sur le coût de la vie en Belgique.

