Près de six internautes belges sur dix disent avoir vu des informations qu’ils jugent fausses ou peu fiables. Une nouvelle analyse du SPF Économie, publiée le 13 août 2026, montre aussi que l’exposition aux contenus hostiles progresse. Le constat est préoccupant, mais les Belges déclarent davantage vérifier les sources que la moyenne européenne.
Ces données portent sur l’année 2025 et ne mesurent pas la véracité objective de chaque publication. Elles reflètent ce que les internautes ont rencontré et perçu au cours des trois mois précédant l’enquête. Elles donnent néanmoins une indication nette sur la place prise par les contenus douteux dans la vie numérique quotidienne.
Une exposition en hausse depuis 2023
Selon le SPF Économie, 61,84 % des internautes belges ont déclaré avoir rencontré des informations considérées comme fausses ou peu fiables sur des sites d’information ou les réseaux sociaux en 2025. Ils étaient 55,93 % en 2023 et 51,92 % en 2021. Les réseaux sociaux, plateformes vidéo, applications de messagerie et forums figurent parmi les principaux canaux de diffusion.
L’exposition à des messages perçus comme hostiles ou humiliants vise aussi une proportion plus importante de Belges : 38,05 % en 2025, contre 30,86 % deux ans plus tôt. L’étude ne permet pas de trancher entre une hausse réelle de ces contenus et une vigilance accrue de leurs utilisateurs. Les deux phénomènes peuvent coexister.
Les Belges vérifient davantage les sources
Le communiqué souligne un point plus rassurant : environ un internaute belge sur trois dit vérifier les sources ou rechercher des informations complémentaires en ligne. Cette pratique est plus fréquente qu’en moyenne dans l’Union européenne, où elle concerne environ un utilisateur sur quatre. Les Belges sont également plus nombreux à confronter une information avec des sources hors ligne ou à en discuter avec leur entourage.
Ces réflexes ne garantissent pas à eux seuls qu’une information est exacte. Une capture d’écran, une vidéo isolée ou un compte qui imite une institution peuvent donner une impression trompeuse de crédibilité. La rapidité de partage peut aussi faire circuler un contenu avant qu’il n’ait été vérifié.
Avant de relayer une publication, il est utile de vérifier la date, l’auteur et l’origine première de l’information. Un titre très émotionnel, l’absence de source identifiable ou une image sortie de son contexte doivent inviter à la prudence. Pour une annonce concernant la Belgique, la page d’une administration, d’un service public, d’une entreprise concernée ou d’un média qui cite précisément ses sources est souvent le meilleur point de départ.
Il est aussi préférable de rechercher si plusieurs sources indépendantes rapportent le même fait. Pour une photo ou une vidéo, une recherche d’image inversée peut révéler une publication plus ancienne ou un autre lieu. En cas de doute persistant, ne pas partager reste le réflexe le plus sûr.
La ministre du Numérique Vanessa Matz rappelle, dans le communiqué, que la responsabilité de la qualité de l’espace informationnel ne peut pas reposer sur les citoyens seuls. Le règlement européen sur les services numériques, le Digital Services Act, impose déjà des obligations aux grandes plateformes pour lutter contre certains risques systémiques. L’enjeu est désormais de veiller à son application effective.
Pour les lecteurs, le point pratique est simple : ralentir avant de cliquer ou de partager. Un court contrôle de la source, de la date et du contexte peut éviter de donner de la portée à une information trompeuse.
SPF Économie : https://news.economie.fgov.be/269164-fake-news-et-contenus-hostiles-les-belges-plus-exposes-mais-plus-vigilants/
Eurostat, messages hostiles ou dégradants en ligne : https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/w/ddn-20260515-1

