URGENT
Aller au contenu
vendredi 9 octobre 2026 · 19:14 · Bruxelles Le Média Du Peuple

Avoirs russes gelés : Moscou menace l’UE alors que les tensions diplomatiques s’intensifient

L’UE se divise sur l’usage des avoirs russes gelés pour soutenir l’Ukraine, alors que Moscou menace et que les négociations de paix menées par Washington piétinent.

Montage des portraits d’Ursula von der Leyen et de Vladimir Poutine
Image d’illustration

L’UE s’enlise dans un débat explosif sur l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer l’Ukraine, tandis que Washington et Moscou poursuivent des discussions fragiles sur un éventuel accord de paix.

Alors que la guerre en Ukraine entre bientôt dans sa quatrième année, les tensions diplomatiques et financières s’intensifient autour de l’utilisation des avoirs russes gelés dans l’Union européenne. Vendredi, l’ambassadeur de Russie à Berlin, Sergueï Netchaïev, a averti que toute opération européenne visant à employer ces actifs pour soutenir Kiev constituerait un « vol » et entraînerait des « conséquences considérables » pour l’UE. Une mise en garde qui intervient alors que le chancelier allemand et le Premier ministre belge discutent de ce mécanisme explosif.

La question des avoirs immobilisés (près de 180 milliards d’euros) en grande partie logés chez Euroclear à Bruxelles divise profondément les Européens. La CEO du groupe, Valérie Urbain, alerte sur les risques juridiques, financiers et systémiques liés à une telle opération, estimant que la solution proposée « n’est pas réaliste » et pourrait fragiliser le fonctionnement même des marchés mondiaux. La Belgique, qui abrite la plateforme financière, insiste à nouveau sur la nécessité d’une mutualisation des risques et affirme qu’elle ne peut assumer seule les conséquences d’un éventuel recours à ces fonds.

Ces inquiétudes n’empêchent pas la Commission européenne de pousser une option permettant d’adopter le plan par un vote à la majorité qualifiée, contournant ainsi les États réticents. Deux formules sont désormais sur la table : un prêt européen commun ou un « prêt de réparation » adossé aux avoirs russes immobilisés.

Sur le terrain diplomatique, les initiatives visant à mettre fin au conflit se multiplient. À Miami, de nouvelles discussions ont réuni vendredi délégation ukrainienne et négociateurs américains autour du plan de paix porté par Washington. Ces échanges suivent une rencontre entre Vladimir Poutine et les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, qualifiée de « productive » par Washington, sans permettre de percée significative. Le Kremlin affirme toutefois être prêt à poursuivre les discussions « autant que nécessaire ».

Pendant ce temps, les positions restent tranchées. Emmanuel Macron accuse Moscou de ne pas vouloir la paix, tandis que le Premier ministre britannique Keir Starmer juge que Poutine demeure « l’agresseur » et ne cherche aucun compromis. Le Kremlin, lui, insiste sur ses exigences, notamment l’abandon définitif de toute perspective d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN — un point central des discussions à Moscou.

Sur le front énergétique, la Russie dénonce l’accord européen visant à mettre fin aux importations de gaz russe d’ici 2027, jugeant que l’UE « se condamne » à un affaiblissement économique. Dans le même temps, Moscou assure vouloir continuer de fournir du pétrole à l’Inde malgré les sanctions américaines.

Entre pressions financières, manœuvres diplomatiques et escalade verbale, l’hiver s’annonce déterminant pour l’avenir des négociations. Mais malgré les efforts de médiation, les lignes rouges des deux camps semblent plus éloignées que jamais.

Articles les plus lus

Top 10 · 30 derniers jours

🔔 Notifications

Choisissez les rubriques pour lesquelles vous souhaitez recevoir une alerte.

Choisir mes catégoriesAucune sélection

Cochez autant de rubriques que vous le souhaitez.