Deux inculpations viennent donner une nouvelle dimension judiciaire au dossier i-Police. Selon les révélations du Soir et de De Standaard, relayées ce mardi 27 octobre par BRUZZ et The Brussels Times, un porte-parole du parquet de Bruxelles et un porte-parole de la ministre de la Justice Annelies Verlinden sont visés pour une violation présumée du secret professionnel.
Les soupçons portent sur la circulation d’informations confidentielles concernant notamment l’enquête sur ce programme informatique policier. Les personnes inculpées bénéficient de la présomption d’innocence : aucune condamnation n’est annoncée dans ces informations.
Ce que l’on sait des échanges présumés
D’après les deux quotidiens, le porte-parole néerlandophone du parquet aurait transmis des renseignements à son homologue au cabinet de la ministre. Ce dernier est soupçonné d’avoir cherché à obtenir des informations protégées, indique The Brussels Times.
Une question reste sans réponse publique : ces éléments ont-ils été communiqués à Annelies Verlinden ? BRUZZ précise que ce point demeure incertain. Les inculpations des deux porte-parole ne permettent donc pas d’affirmer que la ministre aurait personnellement reçu ces renseignements.
Dans une réaction rapportée par les médias consultés, Annelies Verlinden maintient sa confiance en son porte-parole. Elle indique ne pas disposer d’éléments montrant qu’il aurait exercé ses fonctions en dehors du cadre légal. Selon The Brussels Times, le parquet de Bruxelles n’a pas souhaité commenter.
Une réunion à la Chambre annoncée
Le dossier doit désormais revenir devant les députés. Selon Belga, dans une information publiée par BX1 ce mardi après-midi, les commissions Intérieur et Justice tiendront une réunion commune. Aucune date n’était encore fixée dans ce compte rendu.
Groen et le Vlaams Belang réclament une commission d’enquête parlementaire. Anders demande des explications à la ministre. La réunion annoncée ne signifie pas qu’une commission d’enquête a été créée.
Près de 76 millions d’euros déjà payés
L’enjeu dépasse ces soupçons de fuite. i-Police devait moderniser les systèmes informatiques des services de police. Le contrat attribué à Sopra Steria en 2021 a été interrompu fin 2025, après des retards et l’absence de résultats tangibles rapportés par The Brussels Times.
Ce média fait état de 75,8 millions d’euros versés, sur une enveloppe prévue de 299 millions. Sopra Steria conteste sa responsabilité dans l’échec du projet, rappelle BRUZZ.
Pour le contexte, lire également notre article sur l’abandon du projet i-Police.
Sources
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