À Bruxelles, une équipe de la VUB, d’imec et de l’UZ Brussel explore une piste pour mieux caractériser les lésions du sein : examiner le tissu qui entoure les minuscules dépôts de calcium repérés en imagerie. Présentés par l’université lundi 26 octobre, ces résultats restent expérimentaux et concernent des prélèvements étudiés en laboratoire.
Une découverte qui ne change pas encore le dépistage
L’enjeu est de mieux distinguer une anomalie bénigne d’une lésion maligne. Les microcalcifications mammaires peuvent accompagner un cancer à un stade précoce, mais leur présence ne signifie pas automatiquement qu’un cancer est présent. Leur interprétation nécessite notamment d’examiner leur aspect et leur répartition.
La recherche bruxelloise ne propose donc pas un nouvel examen immédiatement disponible pour les patientes. Elle cherche à identifier, à une échelle beaucoup plus fine que celle des examens courants, les éléments susceptibles d’aider à caractériser les lésions.
3 504 microcalcifications analysées dans des biopsies
Les scientifiques ont utilisé 94 blocs de biopsies mammaires conservés dans la paraffine. Une microtomographie à rayons X, ou micro-CT, a permis d’en obtenir des images en trois dimensions avec une résolution d’environ huit micromètres. Ils y ont isolé 3 504 microcalcifications individuelles.
L’équipe a ensuite extrait des caractéristiques mesurables des images, une démarche appelée radiomique, puis entraîné des modèles d’apprentissage automatique. Leur objectif : comparer les informations apportées par le dépôt calcifié et celles provenant du tissu immédiatement adjacent, en prenant pour référence le diagnostic établi par l’analyse des tissus.
Le tissu voisin apporte un signal précieux
Inclure l’environnement immédiat des microcalcifications améliorait la capacité des modèles à séparer les deux catégories de lésions. Dans l’une des analyses, l’aire sous la courbe ROC, un indicateur de discrimination, passait d’environ 0,69 à 0,81.
Les modèles conservaient également des performances élevées lorsqu’ils exploitaient uniquement de fines couches de tissu autour du dépôt, sans son noyau calcifié. Une AUC de 0,81 ne signifie toutefois pas que le test détecte 81 % des cancers chez les patientes. Ces résultats décrivent les performances d’une classification dans le cadre expérimental étudié.
Des validations nécessaires avant toute application
La VUB souligne que la micro-CT utilisée atteint une résolution supérieure à celle de la mammographie, mais nécessite une dose de rayonnement inadaptée à l’imagerie clinique de routine. Les prélèvements ont été examinés hors du corps : les résultats ne démontrent pas des performances équivalentes lors d’un dépistage classique.
La suite consistera notamment à valider les observations de manière indépendante et à préciser quelles structures tissulaires produisent ce signal. Ces connaissances pourraient orienter de futurs indicateurs d’imagerie, voire une analyse plus ciblée des biopsies.
Repère chronologique : le communiqué universitaire est daté du 26 octobre 2026. L’article scientifique, signé notamment par Redona Brahimetaj et Bart Jansen, a été publié dans Breast Cancer Research le 10 août 2026.
Sources
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