Alors que la Région bruxelloise traverse une situation budgétaire particulièrement tendue, le ministre des Finances et du Budget, Dirk De Smedt (Anders), a demandé le recrutement d’une consultante externe rémunérée plus de 1 200 euros par jour. Une révélation du magazine Le Vif qui provoque de vives réactions, jusque dans son propre gouvernement.
Une mission de trois ans, plus de 800 000 euros
Selon les informations révélées, le ministre a soumis jeudi une demande visant à recruter cette consultante pour une mission s’étalant jusqu’en juin 2029, avec un maximum de 650 jours de travail facturés. Le tarif journalier atteindrait 1 258,95 euros TVA comprise, portant la facture totale à environ 818 320 euros sur la période 2026-2029. La mission consisterait à piloter la réorganisation des grandes plateformes numériques régionales et à conseiller le cabinet du ministre dans le cadre de sa réforme de l’administration.
Une consultante déjà en poste, sans marché public formalisé
Fait notable : la personne visée par ce marché public travaillerait déjà, dans les faits, au sein du cabinet ministériel. Elle disposerait d’une adresse e-mail gouvernementale et signerait ses courriers comme conseillère du cabinet De Smedt. Officiellement, elle serait employée par IRISnet, une ASBL sous-traitante de l’administration Paradigm, dans le cadre d’un contrat à durée déterminée, et aurait été détachée temporairement pour cette mission.
Un gel des recrutements contourné ?
Cette demande intervient dans un contexte particulier : les cabinets ministériels bruxellois sont soumis à un moratoire sur les engagements et doivent réaliser environ 6,4 millions d’euros d’économies annuelles sur leurs frais de fonctionnement. Plusieurs partenaires de la majorité estiment que le recours à une société de consultance externe permettrait, dans les faits, de renforcer l’équipe du ministre sans augmenter officiellement les effectifs de son cabinet, contournant ainsi l’esprit du gel des recrutements.
Le ministre De Smedt, de son côté, défend un tarif qu’il juge conforme aux prix du marché pour ce type d’expertise, et présente cette fonction comme temporaire, justifiée par la complexité de la réforme administrative qu’il pilote.
Le gouvernement dit non, pour l’instant
Le dossier a été présenté ce jeudi en Conseil des ministres au Château de Val Duchesse, après avoir reçu l’aval de l’inspection des finances. Mais selon Le Vif, le gouvernement bruxellois n’a pas approuvé la demande en l’état. Le dossier devra faire l’objet de discussions ultérieures avant toute décision définitive.
En attendant, l’affaire alimente la controverse politique à Bruxelles, où l’opposition et certains partenaires de la majorité dénoncent un décalage entre le discours de rigueur budgétaire affiché par le gouvernement et ce type de dépense.
Sources : Le Vif, BX1, L’Avenir, DH/Les Sports+, BruxellesToday.
