Le Premier ministre britannique Andy Burnham a ouvert la voie à un réexamen en profondeur de la relation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, jusqu’à envisager une éventuelle réadhésion. Il affirme vouloir présenter, autour du prochain sommet Royaume-Uni–UE prévu en novembre, les différentes options possibles pour le pays.
Lors d’interviews données après son discours au congrès annuel du Labour à Liverpool, le chef du gouvernement a estimé que le Brexit avait fait « plus de mal que de bien ». Il a toutefois insisté sur le fait qu’aucune décision n’était prise : il s’agit, à ce stade, de comparer les scénarios et leurs conséquences.
Quatre pistes sur la table
Andy Burnham a cité quatre voies possibles pour l’avenir des relations avec Bruxelles : conserver le cadre actuel, rejoindre une union douanière, revenir dans le marché unique ou aller « jusqu’au bout », c’est-à-dire demander une adhésion complète à l’Union européenne.
Le statu quo maintiendrait le Royaume-Uni en dehors des principales structures économiques de l’UE, avec les accords conclus depuis le Brexit. Une union douanière réduirait les frictions commerciales sur les marchandises en appliquant un tarif extérieur commun, sans pour autant replacer automatiquement le pays dans l’ensemble du marché unique.
Un retour dans le marché unique impliquerait une intégration beaucoup plus étroite et un alignement renforcé sur les règles européennes. La réadhésion complète serait, elle, le scénario le plus ambitieux : elle nécessiterait une demande formelle, l’accord unanime des États membres et des négociations sur les conditions d’entrée. Aucune procédure de ce type n’a été engagée.
Un changement de ton après les lignes rouges de Starmer
Cette prise de position marque une évolution notable par rapport à la ligne défendue par le Labour lors des élections de 2024. Le parti excluait alors un retour dans l’union douanière et le marché unique, ainsi que le rétablissement de la libre circulation.
Le Premier ministre ne promet pas un renversement immédiat du Brexit. Il dit vouloir évaluer « ce qui est faisable » ainsi que les avantages et les inconvénients de chaque option, avant de préciser une direction de long terme. La question demeure politiquement très sensible au Royaume-Uni, dix ans après le référendum de 2016.
Le sommet de novembre comme échéance politique
Le prochain sommet Royaume-Uni–UE doit servir de moment-clé pour cette réflexion. Londres et Bruxelles travaillent déjà sur plusieurs dossiers de coopération, notamment l’énergie, la sécurité, la mobilité des jeunes et les échanges agroalimentaires.
Le 22 septembre, Andy Burnham et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont échangé en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Selon Downing Street, les deux dirigeants ont alors évoqué la préparation d’un sommet Royaume-Uni–UE réussi plus tard dans l’année et les enjeux communs de sécurité européenne.
Pour l’instant, la démarche annoncée par Londres est donc politique et exploratoire. Elle relance néanmoins un débat que les gouvernements britanniques successifs avaient largement évité depuis la sortie effective du Royaume-Uni de l’UE, le 31 janvier 2020.
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