Le plus haut responsable religieux d’Arabie saoudite, le cheikh Saleh ben Fawzan Al-Fawzan, a appelé les soldats déployés aux frontières à se tenir prêts à sacrifier leur vie face aux Houthis. Cette déclaration, particulièrement ferme, intervient alors que Riyad fait face à une multiplication des tirs de missiles et de drones depuis le Yémen.
Riyad — 25 septembre 2026. L’Arabie saoudite durcit encore le ton face aux Houthis. Dans un message diffusé par l’agence de presse saoudienne SPA, le grand mufti du royaume, le cheikh Saleh ben Fawzan Al-Fawzan, a demandé aux soldats saoudiens postés aux frontières de rester prêts à accomplir leur devoir, jusqu’au sacrifice de leur vie.
Le dignitaire, qui préside aussi le Conseil des grands oulémas, a présenté la protection des frontières du royaume et le rejet de toute agression comme un devoir majeur. Il a appelé à la patience, à la vigilance et à l’obéissance aux commandants sur le terrain, tout en demandant la défaite du mouvement houthi et de ceux qui le soutiennent.
Un message religieux rare dans une crise militaire qui s’aggrave
Reuters qualifie cette intervention de rare et particulièrement ferme. Le texte s’appuie largement sur des versets coraniques et des traditions prophétiques relatifs au sacrifice et à la défense du pays.
La déclaration survient après plusieurs semaines d’escalade. Les Houthis, qui contrôlent une grande partie du nord et des zones les plus peuplées du Yémen, ont lancé des salves de missiles et de drones contre l’Arabie saoudite. Riyad a répondu par des frappes aériennes.
Jeudi, les autorités saoudiennes ont affirmé avoir intercepté et détruit six missiles balistiques tirés par les Houthis. Des alertes d’urgence avaient auparavant été diffusées dans plusieurs zones, dont La Mecque, Djeddah et Yanbu, important port pétrolier saoudien sur la mer Rouge. Les Houthis ont pour leur part affirmé avoir visé des objectifs saoudiens avec des dizaines de missiles et de drones.
Une réunion militaire urgente avec la Turquie et le Pakistan
La crise met à l’épreuve l’accord de défense conjoint conclu en août entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Le pacte prévoit qu’une attaque armée contre l’un de ses membres soit considérée comme une attaque contre les trois pays.
Les chefs d’état-major des trois États doivent se réunir en urgence afin d’examiner les modalités d’un soutien à Riyad, selon Reuters. La nature précise d’une éventuelle aide n’a pas été détaillée. La semaine dernière, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait indiqué qu’Ankara était prête à répondre à d’éventuels besoins militaires et techniques saoudiens dans le cadre de cet accord.
Les ministres des Affaires étrangères de Turquie, d’Arabie saoudite, du Pakistan et d’Égypte ont également réaffirmé cette semaine le droit de Riyad à se défendre conformément au droit international, tout en appelant à préserver la sécurité de la navigation dans la région.
Des enjeux pétroliers et maritimes majeurs
Cette nouvelle séquence dépasse le seul front yéménite. Les attaques contre les infrastructures énergétiques saoudiennes et les routes maritimes font peser un risque sur les exportations de pétrole et sur le trafic en mer Rouge. Elles s’inscrivent dans l’élargissement du conflit régional déclenché plus tôt cette année entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
La situation reste donc très évolutive. L’accord tripartite constitue un engagement politique et de défense important, mais la forme concrète d’une intervention turque ou pakistanaise n’est pas connue à ce stade.
Sources
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