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mercredi 14 octobre 2026 · 04:45 · Bruxelles Le Média Du Peuple

Belgique : les bénéficiaires du CPAS dépassent pour la première fois les chômeurs indemnisés

En août 2026, plus de 200 000 personnes percevaient un revenu d’intégration du CPAS, contre 185 546 chômeurs complets indemnisés selon l’ONEM.

Comparaison en Belgique : plus de 200 000 bénéficiaires du CPAS contre 185 546 chômeurs indemnisés selon l’ONEM
Image d’illustration générée par IA

Pour la première fois, le nombre de personnes percevant un revenu d’intégration via un CPAS a dépassé celui des chômeurs complets indemnisés demandeurs d’emploi en Belgique. Les derniers chiffres disponibles, pour août 2026, illustrent un basculement majeur du système de protection sociale.

Plus de 200 000 bénéficiaires du CPAS, contre 185 546 chômeurs indemnisés

En août, plus de 200 000 personnes percevaient un revenu d’intégration sociale versé par un centre public d’action sociale (CPAS). Au même moment, l’ONEM recensait 185 546 chômeurs complets indemnisés demandeurs d’emploi.

Un an plus tôt, les ordres de grandeur étaient inversés : environ 166 000 personnes bénéficiaient du revenu d’intégration, tandis que l’ONEM comptait 304 611 chômeurs complets indemnisés demandeurs d’emploi. La baisse en un an du nombre de chômeurs indemnisés dépasse ainsi 39 %.

La limitation dans le temps des allocations au cœur du basculement

Cette évolution intervient dans le contexte de la réforme fédérale de l’assurance-chômage. Depuis le 1er mars 2026, les allocations sont limitées à douze mois, avec une prolongation possible d’un an selon le parcours de travail de la personne concernée.

D’après les chiffres rapportés par De Standaard et relayés par The Brussels Times, environ 133 000 personnes ont perdu leurs allocations depuis janvier, tandis que les CPAS ont enregistré plus de 57 000 bénéficiaires supplémentaires du revenu d’intégration. Cela représente environ 43 % des personnes sorties de l’indemnisation du chômage.

Le CPAS n’est pas une prolongation automatique du chômage

Le revenu d’intégration constitue le dernier filet de sécurité sociale. Son attribution n’est pas automatique : le CPAS examine les ressources, la situation familiale et les autres droits sociaux éventuels de la personne. Un travailleur social réalise l’enquête sociale et le CPAS prend ensuite sa décision.

Le transfert ne concerne donc pas l’ensemble des personnes ayant perdu une allocation de chômage. Certaines peuvent retrouver un emploi, être soutenues par leur entourage ou disposer d’autres revenus ; d’autres peuvent ne pas introduire de demande ou ne pas remplir les conditions du revenu d’intégration.

Une pression accrue sur les communes

La réforme devait réduire les dépenses fédérales liées au chômage. Mais l’augmentation des demandes d’aide reporte une partie de la charge vers les CPAS, qui assurent aussi l’accompagnement social, l’aide au logement, les aides énergétiques, la médiation de dettes et, dans certains cas, l’accompagnement vers l’emploi.

Le débat reste ouvert sur le financement de ces centres et sur les conséquences concrètes pour les communes. Le 10 septembre, la Cour constitutionnelle a par ailleurs annulé une partie du régime transitoire, jugeant discriminatoire le délai accordé à certains chômeurs de longue durée. La limitation générale dans le temps des allocations n’a toutefois pas été annulée.

Sources

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