Les trottinettes électriques en libre-service disparaîtront des rues de Bruxelles à partir du 1er janvier 2027. Le gouvernement régional a décidé de ne plus autoriser la location de ces engins après l’expiration, à la fin de l’année 2026, des licences actuellement accordées aux opérateurs Bolt et Dott.
Les autorités bruxelloises justifient cette décision par l’augmentation du nombre d’accidents, les problèmes de stationnement sur l’espace public ainsi que l’utilisation croissante de trottinettes partagées dans le cadre d’activités criminelles.
Une forte augmentation du nombre de blessés
Selon les chiffres communiqués par le gouvernement bruxellois, 666 personnes ont été blessées dans des accidents impliquant des trottinettes électriques en 2025. Cela représente une progression de 26 % en un an.
La ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt, et le ministre-président bruxellois, Boris Dilliès, parlent d’une évolution particulièrement préoccupante.
Les blessures provoquées par les chutes de trottinette toucheraient fréquemment la tête et le visage. Selon la ministre de la Mobilité, le risque de blessure lors d’une chute serait également plus important sur une trottinette que sur un vélo.
Des obstacles pour les piétons et les personnes à mobilité réduite
Le stationnement désordonné des trottinettes constitue une autre raison avancée par les autorités. Lorsqu’elles sont abandonnées sur les trottoirs, elles peuvent gêner la circulation des piétons et devenir de véritables obstacles.
Les personnes à mobilité réduite, les personnes âgées, les parents accompagnés d’une poussette et les personnes malvoyantes sont particulièrement exposés à ces difficultés.
Malgré les mesures imposées aux opérateurs, notamment la création de zones de stationnement spécifiques, le gouvernement considère que les nuisances restent trop importantes.
Des trottinettes utilisées lors de fusillades
Les autorités évoquent également leur utilisation par des trafiquants de drogue et des membres du crime organisé.
Dans une circulaire adressée aux bourgmestres bruxellois, le procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, avait attiré l’attention sur ce phénomène. Les trottinettes en libre-service auraient été utilisées à 25 reprises dans le cadre de fusillades survenues dans la capitale l’année dernière.
Leur rapidité d’accès et la possibilité de les abandonner immédiatement après leur utilisation en feraient un moyen de déplacement attractif pour certains auteurs d’infractions.
Les trottinettes privées resteront autorisées
L’interdiction concernera uniquement les trottinettes proposées à la location en libre-service. Les particuliers pourront donc continuer à utiliser leur propre trottinette électrique, dans le respect du Code de la route.
Les opérateurs Bolt et Dott pourront poursuivre leurs activités jusqu’à l’expiration de leurs licences à la fin de l’année 2026. Après cette date, aucune nouvelle autorisation ne sera accordée pour ce type de service.
Bruxelles rejoint ainsi plusieurs grandes villes européennes ayant déjà supprimé les trottinettes partagées de leurs rues, notamment Paris, Madrid et Prague.
Les vélos partagés seront maintenus
La suppression des trottinettes ne concerne pas les vélos en libre-service. Le gouvernement bruxellois souhaite au contraire moderniser cette offre et la maintenir dans l’ensemble des quartiers de la capitale.
La concession actuelle du service Villo!, exploité par JCDecaux, arrive à échéance en septembre 2026. Elle devrait toutefois être prolongée jusqu’en septembre 2028 au plus tard afin d’assurer la transition vers un nouveau modèle.
Le futur système reposera sur des stations fixes réparties dans toute la Région. Les vélos proposés seront électriques et l’organisation du service restera placée sous le contrôle des autorités bruxelloises.
Bolt et Dott dénoncent une décision contre-productive
Les deux principaux opérateurs de trottinettes partagées ont exprimé leur déception.
Bolt estime que ce moyen de transport est devenu essentiel pour de nombreux Bruxellois, notamment pour les déplacements entre le domicile et le lieu de travail. L’entreprise évoque près de 40 000 trajets quotidiens.
L’opérateur souligne aussi que les trottinettes partagées sont limitées à 20 km/h, suivies par géolocalisation et soumises à différentes règles. Les trottinettes privées seraient, selon lui, moins contrôlables et plus difficiles à tracer.
Dott considère également que l’interdiction risque de pousser les usagers vers des engins personnels anonymes. L’entreprise affirme avoir enregistré 4,3 millions de trajets à Bruxelles l’année dernière et souligne une amélioration récente de ses résultats en matière de sécurité et de stationnement.
Malgré les arguments du secteur, le gouvernement régional considère que la disparition des trottinettes partagées permettra de réduire les accidents, de libérer les trottoirs et d’améliorer la qualité de l’espace public bruxellois.
