La Wallonie et le gouvernement fédéral veulent mieux accompagner les personnes en incapacité de travail de longue durée vers une reprise professionnelle adaptée. Un protocole d’accord a été signé mercredi à Braine-le-Comte par le ministre wallon de l’Emploi, Pierre-Yves Jeholet, et le ministre fédéral des Affaires sociales, Frank Vandenbroucke.
Cet accord doit améliorer la coordination entre les différents organismes impliqués dans le parcours des personnes malades, notamment le Forem, l’Inami, les mutuelles, les médecins et les opérateurs spécialisés.
L’objectif annoncé est ambitieux : permettre à 12 000 personnes par an de retrouver un emploi d’ici la fin de la législature en 2029.
Plus de 576 000 personnes en invalidité en Belgique
La Belgique compte actuellement 576 643 personnes reconnues en invalidité. Parmi elles, plus de 218 000 vivent en Wallonie.
Face à cette situation, les autorités souhaitent intervenir plus rapidement, avant que l’éloignement du marché du travail ne devienne trop important. Le nouveau dispositif prévoit ainsi qu’un accompagnement du Forem puisse être proposé dès les premiers mois d’incapacité, lorsqu’un médecin ou un autre intervenant estime que la personne dispose encore d’un certain potentiel de travail.
Le Forem jouera un rôle central dans le système et assurera la coordination entre les différents acteurs.
Un accompagnement basé sur les capacités restantes
Le parcours ne devra pas uniquement tenir compte de la maladie ou des limitations de la personne. Il devra également s’appuyer sur ses capacités restantes, ses compétences et les possibilités concrètes de reprise d’une activité professionnelle.
Les médecins, les conseillers du Forem, les organismes spécialisés et les bénéficiaires seront associés à chaque étape du processus. L’objectif sera de construire un parcours personnalisé, qui pourra notamment passer par une reprise progressive, une adaptation du poste de travail, une réorientation professionnelle ou une formation.
Les moyens financiers seront également davantage liés aux résultats obtenus en matière d’accompagnement, d’insertion et de retour à l’emploi.
Agir plus tôt pour éviter l’exclusion durable
Pour Pierre-Yves Jeholet, il est nécessaire d’intervenir rapidement lorsque des possibilités de reprise existent.
Le ministre wallon estime que des milliers de personnes ne peuvent pas rester durablement éloignées du marché de l’emploi alors qu’elles disposent encore de certaines capacités professionnelles. Il insiste sur la nécessité de mieux coordonner les actions et de proposer des solutions concrètes et adaptées.
Frank Vandenbroucke souhaite, de son côté, parvenir à une situation dans laquelle davantage de personnes sortent de l’invalidité que de personnes n’y entrent.
Selon le ministre fédéral, le travail peut faire partie du processus de rétablissement, à condition que la reprise soit organisée au bon moment, de manière adaptée et avec l’accompagnement des professionnels concernés.
Le protocole devra maintenant être traduit en mesures concrètes afin de garantir que les personnes malades bénéficient d’un accompagnement réellement individualisé, sans être contraintes de reprendre un emploi incompatible avec leur état de santé.
