L’accès aux soins de santé en Belgique demeure profondément inégal selon le niveau de revenu, et la situation semble se détériorer. C’est le constat dressé par la Mutualité chrétienne (MC), qui souligne dans une nouvelle étude que les personnes les plus pauvres sont aussi celles qui tombent le plus souvent malades, qui accèdent le moins facilement aux soins adaptés à leurs besoins, tout en supportant une charge financière plus lourde.
Cette analyse, fondée sur les données de quatre millions d’affiliés, montre que les publics les plus précarisés se heurtent à de nombreux obstacles financiers, administratifs et organisationnels, ce qui complique leur accès aux services de santé.
L’étude met également en évidence un écart important en matière de mortalité. En 2023, le taux de mortalité dans les quartiers les plus défavorisés était supérieur de 51 % à celui observé dans les quartiers les plus aisés. Les inégalités apparaissent aussi dans la fréquence des maladies chroniques. Le diabète, par exemple, touchait 10,8 % des habitants des quartiers les plus pauvres, contre 5,4 % dans les quartiers les plus riches.
La Mutualité chrétienne souligne en outre que les ménages aux revenus les plus faibles consacrent environ 8 % de leurs ressources aux dépenses médicales, soit une proportion six fois plus élevée que celle supportée par les ménages plus favorisés. Et ce, malgré les mécanismes de protection censés limiter le poids des frais de santé.
Autre constat préoccupant : entre 30 % et 33 % des personnes aux revenus les plus modestes ne bénéficient pas du statut BIM alors qu’elles y auraient droit, ce qui illustre la complexité des démarches administratives pour accéder à certaines aides.
Selon l’étude, il existe donc un déséquilibre structurel : les personnes qui ont le plus besoin de soins y recourent moins souvent. Cela se traduit par davantage de reports de soins, un sous-recours persistant et un usage plus fréquent des services d’urgence, faute de prise en charge plus tôt.
La vice-présidente de la Mutualité chrétienne, Elise Derroitte, estime que si le système de santé belge repose sur un principe de solidarité, ses effets restent encore insuffisants dans la pratique. Elle appelle dès lors à mettre en place des mesures concrètes pour améliorer l’égalité d’accès aux soins de santé.
